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Version web du quotidien privé et indépendant d'information. LE CONFIDENT, Surl - Directeur de Publication: Mathurin Momet - BP 427 Bangui - République Centrafricaine Tél.:+236 75 04 64 14 e-mail: leconfident2000@yahoo.fr

Samedi 11 Février 2012
9:30
POLITIQUE

ACCORD TRIPARTITE SOUDAN-RCA-HCR POUR LE RAPATRIEMENT DES REFUGIES SOUDANAIS



Dans le cadre du programme de rapatriement des réfugiés soudanais suite à l'accord de paix signé à Nairobi entre la rébellion du sud SPLA et le gouvernement central soudanais, le haut Commissariat pour les Réfugiés des Nations Unies (UNHCR), les gouvernements centrafricain et soudanais, ont procédé à la signature d'un protocole d'accord tripartite pour le rapatriement volontaire des réfugiés soudanais du site de Mboki et d'autres répartis sur toute l'étendue du territoire centrafricain.
Les trois parties de l'accord ont été représentées par le ministre délégué de l'Intérieur du gouvernement d'Union Nationale soudanais, Brigadier Aleu Ayieny Aleu, chef de la délégation de notre pays voisin; le fonctionnaire du UNHCR M. Jean-Marie Fakhouri, Directeur des Opérations du Soudan et du Tchad ; et le ministre de l'Intérieur, chargé de la sécurité publique, Colonel Michel Sallé, chef de la délégation centrafricaine.
On note également la présence des diplomates en poste à Bangui, du représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies, le Gl. Lamine Cissé, des chefs des agences des Nations Unies y compris la nouvelle chargée du bureau du PNUD Mme. Malika Akrouf, et les représentants des autres organismes internationaux tels que le CICR, comme les ONGs impliqués dans la prise en charge des réfugiés dans le pays.
Dans sa communication, M. Fakhouri a rappelé le contexte de la signature dudit accord tripartite. Il a ensuite fait part des circonstances qui ont conduit les ressortissants du Sud Soudan à se réfugier sur le territoire centrafricain. Il a souligné que cet accord est le fruit de plusieurs mois d'efforts entre les deux gouvernements et surtout du UNHCR, suite au processus de la signature de l'accord de paix le 9 janvier 2005 à Nairobi. Selon l'orateur, la signature de cet accord a suscité chez les réfugiés l'envie de regagner leur terroir.
En prélude à ce retour, le UNHCR, avec les autres agences des Nations Unies et d'autres partenaires de l'humanitaire, ont lancé des activités opérationnelles pour améliorer la situation des réfugiés (MSF Espagne et des autres ONGs les avaient appuyé du point de vue sanitaire) afin de leur permettre un retour digne dans leurs foyers respectifs dans des conditions humainement acceptables. Le UNHCR pense qu'après plusieurs années d'absence, il faut plus de supports de développement pour que les services au niveau du sud Soudan atteignent un niveau de vie idéal.
Prenant la parole, le Brigadier Aleu Ayieny Aleu a exhorté ses compatriotes à s'inscrire nombreux pour ce retour. Il les a rassurés sur les mesures prises en concert avec les différentes parties, en vue de faciliter leur réinstallation. Il a mis l'accent sur l'aspect sécuritaire et les mesures concernant les services sociaux (sanitaire, éducatif) et la nécessité de leur offrir les moyens pour leur autopromotion. Le ministre délégué à l'Intérieur du Soudan n'a pas manqué de présenter la gratitude des autorités soudanaises au peuple centrafricain, qui ont bien voulu offrir leur hospitalité à leurs frères, ainsi qu'au système des Nations Unies qui organise cette opération humanitaire.
Le ministre Sallé a fait un bref historique de l'arrivée des réfugiés soudanais dans le pays qui date de 1986 et 1991. Cette vague était constituée des réfugiés venus du sud Soudan. Il a relevé les louables contributions de ces réfugiés pour l'économie du pays à travers des activités agricoles, d'élevages et commerciales que ceux-ci ont réalisé dans le pays. Selon lui, la cérémonie de la signature de cet accord revêt une importance qui est celle de faciliter le retour des réfugiés dans leur pays dans l'honneur, la dignité et la quiétude. Dans le communiqué final qui a sanctionné la signature de cet accord, l'accent est mise sur le fait qu'après l'accord de paix de Nairobi, certains réfugiés ont commencé à rentrer individuellement. Sur les 16.000 recensés en ce moment, il est programmé la mise en route d'une première vague de 5.000 d'ici le mois d'avril. Il est a rappelé les différentes réalisations faites sur les différents sites aux bénéfices non seulement de ces derniers mais également à celles des populations locales. Le communiqué a rappelé que durant plus de 15 ans de cohabitation, ces liens fraternels serviront de serment d'une ère de développement durable pour les deux peuples à travers les relations culturelles, et économiques.
Pour clôturer la cérémonie, le Représentant du UNHCR à Bangui, M. Bruno Geddo, a mis un accent particulier sur la générosité et la solidarité du peuple centrafricain. Il a en outre signalé que malgré les multiples crises qui ont sévit dans le pays aucun réfugié soudanais n'ait été inquiété. Selon lui, en partant dans leur pays et avec les acquis dont ils ont bénéficié aux côtés de leurs frères centrafricains, cela renforcera davantage les liens entre les deux pays.
La première phase de cette opération se fera par voie arienne, et commencera aujourd'hui: a 13:15 hrs, le premier avion quittera l'aérodrome de Mboki vers Tambura avec les premiers 50 rapatriés volontaires. Sur la base d'un Sous-Accord avec le UNHCR, l'Organisation International pour les Migrations (OIM) procédera au transport aérien des réfugiés désireux de renter chez eux. Dans la gestion de cette opération, OIM fera trois rotations par jour, trois fois par semaine, et chaque rotation pourra prendre 50 réfugiés. Ce processus devrait permettre de rapatrier jusqu'à 6.000 personnes avant la fin de l'année. Pour faire face aux coûts du projet, le UNHCR a lancé dans le cadre du Processus d'Appels Consolidés Humanitaires (CAP) une requête d'environs 2.8 millions de dollars. Aucun financement n'ayant été reçu, l'opération commence avec les fonds propres du UNHCR.
Le travail du UNHCR dans notre pays n'est pas terminé. L'agence espère bientôt travailler pour le rapatriement volontaire d'environs 4.000 réfugiés de la R.D.C., pour un coût de 440.000 selon le CAP. La question plus complexe concerne évidemment les 50.000 centrafricains réfugiés au Tchad, avec une opération encore plus complexe qui coûterait plus de quatre millions de dollars. Encore une fois, le Bureau pour la Coordination Humanitaire (OCHA) des Nations Unies lance un appel a la communauté internationale pour que les bailleurs de fonds puissent permettre a toutes personnes, de toute nationalité, de rentrer dans leur pays respectifs avec dignité et dans la sécurité. Le porte-parole de OCHA Maurizio Giuliano a souligné : « il est affreux qu’il y ait des réfugiés prêts a retourner dans leurs pays, ce qui contribuerait aux conditions économiques et sociales des deux pays concernés, et cela ne soit pas possible a cause du manque de financement ».

Modeste J. Poubalandji
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Jeudi 2 Février 2006

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