Devant cet état de faits, la population, impuissante, demeure perplexe, observe ce comportement illégal de ceux qui initient les textes de lois. On a coutume de dire que la charité bien ordonnée commence par soi-même. Ce n’est pas le cas en RCA. Un bon citoyen est celui qui se respecte, respecte le droit des autres et respecte les règles élémentaires de la vie en société.
On n’est jamais né Ministre. Par contre, on peut le devenir par nomination. Le fait d’être Ministre ou d’appartenir à la majorité présidentielle ou au parti KNK ne dispense pas du respect des textes règlementant la vie en société. Le Ministre dans une localité a l’obligation de se plier aux lois régissant la bonne conduite de ladite localité. Le Maire, les Chefs de groupe, les Chefs des quartiers représentent l’autorité de l’Etat. On ne peut pas prôner l’autorité de l’Etat et violer en même temps les décisions de ces personnalités citées en substance.
Seulement, le 6ème Arrondissement de Bangui ces derniers temps vit un cauchemar. Les Centrafricains habitant le 6ème Arrondissement ne savent où donner de la tête. Zingas et son staff de campagne perturbent la quiétude et la tranquillité de paisibles citoyens du 6ème Arrondissement. Au nom du KNK et à celui de Bozizé, ils tiennent des meetings tambour battant, des meetings sonorisés à haute dose.
Des bruits assourdissants à forts décibels accompagnent les injures et d’autres propos vexatoires. Le Ministre Zingas et ses disciples dans leur tapage sans lendemain certain à Sapeké III, à Kpétenè V, le 19 février 2010, et au quartier Sandoumbé (Fatima) le 24 février 2010, soutiennent bec et ongles qu’ils ont reçu mandat du pouvoir de secouer les 22 quartiers du 6ème Arrondissement, de battre campagne de dénigrement des autres candidats de l’opposition et même des autres candidats KNK aux élections législatives. Tout porte à croire que l’émission de la Radio ‘’Mille collines’’ de Abakar Piko et Zama Javon papa ne suffit pas. Pour autant la CEI (Commission électorale indépendante) a intérêt à instaurer le code de bonne conduite dès maintenant pour réguler le processus électoral en Centrafrique, évitant ces dérapages sauvages.
Il faut noter que le déchirement au sein de la famille politique KNK est grave. Si l’on n’y prend pas garde, Bozizé risquerait d’avoir une majorité parlementaire, décousue, prête à imploser. A l’allure où vont les choses, l’on présage déjà une guerre ouverte de leadership au sein du KNK. Il suffit d’une erreur de choix de candidature dans une circonscription pour que les choses explosent. Les tiraillements et les coups bas se succèdent les uns aux autres au sein du KNK. Pour quelle raison ? L’observateur extérieur en saura plus le moment venu. Dans le camp Zingas, l’homme à abattre c’est Joël Yangongo. Le même son de cloche retentit à Bimbo III. Pour Lenga, l’homme à éliminer serait Maître Mockpat Euloge.
N’est-ce pas là un aveu de faiblesse ? L’on ne peut combattre que les plus forts. Les futurs candidats KNK se liguent les uns contre les autres. En violation des textes ils tiennent allégrement, sans inquiétude aucune, des meetings à la barbe de la CEI qui garde un silence qui ne dit pas son nom. Le Maire du 6ème Arrondissement avait pourtant pris une mesure conservatrice pour arrêter la course effrénée des candidats KNK du 6ème Arrondissement. Mais cette décision est foulée au pied par le Ministre Aurélien Simplice Zingas. Ce dernier serait-il en train de défier le Maire du 6ème Arrondissement ? C’est évident. La faute incombe au pouvoir de Bangui qui continue de nommer les Maires par décret en violation des recommandations du dialogue politique inclusif et de la Constitution.
Si les Maires étaient votés par la population, s’ils avaient leur autonomie dans le cadre de la décentralisation et de la déconcentration du pouvoir, certes leur décision devrait avoir un impact sur la population placée sous leur autorité. Le Ministre Zingas a raison de se moquer de la décision du Maire du 6ème Arrondissement et des textes réglementaires régissant les élections en RCA à savoir, le code électoral car soutenu. Voilà un Ministre qui démarre la campagne avant la date fixée par la CEI en proférant des propos vexatoires, des railleries et autres jurons drainant derrière lui le Chef Sandoumbé et un groupe de loups affamés. Sans aucun projet de société fiable, sans structure de base, sans cohérence dans leurs propos politiques, ils pilotent à vue. C’est dans cette ambiance morose de cacophonie que le KNK mène sa politique dans le 6ème Arrondissement de Bangui.
L’avenir nous dira dans peu de temps ce qui adviendra de tout cela.