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BERBERATI: ALERTE DE LA CROIX ROUGE SUR LA CATASTROPHIQUE SITUATION DES DEPLACES



personnes deplacées en Ouham-Pendé visitées par OCHA en juin 2005 (photo Maurizio Giuliano / OCHA)
personnes deplacées en Ouham-Pendé visitées par OCHA en juin 2005 (photo Maurizio Giuliano / OCHA)
Depuis le 17 décembre 2005 au 04 janvier 2006, la ville de Berberati ne cesse de recevoir l'afflue des personnes déplacées, fuyants les attaques des bandits de grands chemins. Ces personnes déplacées viennent des villages Aérodrome, Barka, Sapoua, Binawayo, Gbabaza, Gbangobo, Bossengué et Koundé. Ces personnes sont essentiellement des paysans issus des villages précités, des éleveurs peuhls dont des enfants, des femmes et des hommes. La dernière attaque de ces bandits de grands chemins date du 30 décembre 2005, selon un appel lancé par la Croix Rouge local auprés de OCHA, l'entité de Nations Unies chargée de la coordination humanitaire. Le nombre des personnes déplacées tourne autour de 700, selon la Croix Rouge.
Ces déplacés sont répartis dans les différents arrondissements. Compte tenu du coût élevé de vie au niveau de Berberati, certains sont obligés de se déplacer à 8 kilomètres sur l'axe Berberati-Gamboula au niveau du village Wapo.
A Berberati, ils sont prises en charge par CARITAS, Croix Rouge et Relais humanitaire de OCHA. Ces organisations humanitaires se disent submerger par le nombre des personnes qui ne cesse d'augmenter. Seul CARITAS offre à ce jour quelques assistances à ces derniers en médicaments dont la capacité est très limitée. Il y a également la communauté musulmane qui est intervenue pour assister ces déplacés. Les organisations déplorent l'inertie de la communauté internationale devant ce qu'elle qualifie d'une future drame humanitaire en République Centrafricaine. Elles dénoncent l'attitude du gouvernement centrafricain qui ne fait rien en ce moment pour leur venir en aide.
Il faut dire qu'on retrouve différentes catégories dans les vagues de personnes qui arrivent en ce moment à Berberati dont plus de 300 enfants de 0 à 18 ans et 7 femmes en grossesse. Le drame est prévisible car ses populations ont abandonné tous leurs biens pour fuir. Les éleveurs par exemple, craignant pour leur sécurité ont abandonné leur cheptel à la merci de la nature et probablement de ces bandits.
L'insécurité ne cesse de gagner de terrain ces derniers temps dans l'arrière pays notamment dans le nord et l'ouest où, les bandits de grands chemins règnent en maître, défiant les forces de défense et de sécurité. Ils frappent, pillent et dépouillent les populations civiles de leurs biens et quelquefois, mettent le feu à leurs habitations. Chaque jour, constitue un lot quotidien de la misère des populations de l'arrière pays, démunies.
Sur la liste des drames à craindre, il y a la faim, les maladies telles que le paludisme, la diarrhée et autres. La hausse des prix des denrées alimentaires et le manque d'eau potable sont aussi à craindre. Car, l'on sait qu'à Berberati, pour s'approvisionner en eau potable, il faut débourser de l'argent.
Selon la Croix Rouge Centrafricaine, les besoins d'urgence concernent les médicaments, tentes, vivres, nattes, couvertures, marmites, sceaux, lampes tempêtes, pétrole… Un appel a donc été lancé aux Nations Unies á Bangui. « Nous sommes préoccupés et feront tout le possible pour coopérer avec la Croix Rouge et autres partenaires, pour répondre aux besoins les plus urgents de ces populations », a remarqué Maurizio Giuliano, porte-parole du Coordonnateur Humanitaire de Nations Unies.

Jeudi 2 Février 2006
Modeste J. Poubalandji
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