Leur indiscrétion a ébréché la muraille de leurs vase clos, et la nouvelle est dans l’air. Tout le monde à Boy-rabe dans le 4ème arrondissement sait désormais qu’elles se retrouvent chaque fin du mois chez l’une d’elles que nous taisons le nom, certainement « la mère- kélemba » comme a-t-on l’habitude de dire, toutes des épouses des ministres.
Au menu du rendez-vous, la bouffe, l’alcool, le récit des aventures de tous ordres dont ces grandes dames de ces distingués messieurs sont capables et à la fin, chacune d’elles doit sortir de fonds. Pas moins de deux millions à décaisser par chacune. On dénombre une bonne vingtaine de femmes. Allez y comprendre quelle somme colossale est mise en jeu à chaque rendez-vous. Dit-on que les deux millions représentent le montant de la cotisation mensuelle de chacune d’elle. Par dessus tout, chaque membre à l’obligation d’ajouter Cent Cinquante Mille (150.000) Francs cfa pour fêter les retrouvailles.
Ce qui est curieux, c’est que la plupart de ces dames n’exercent aucune activité génératrice de revenus, pouvant leur procurer tous ces montants mis en jeu chaque fin du mois. On a vu quelques-unes qui, hier, étaient de simples vendeuses de légumes au marché Ngbénguéwé, qui, subitement sont capables de brasser autant d’argent qu’elles dilapident dans des bouffonneries.
Comment admettre qu’au moment où le pays traverse une crise pointue qui affecte la trésorerie de l’Etat, le cumul des arriérés de salaires des fonctionnaires et agents de l’Etat, les pensions et bourses avec des méfaits cruels sur le niveau de vie des centrafricains. Ces épouses de ministres se permettent de faire des cotisations engloutissant environ cinquante millions de francs cfa par mois. Où trouvent-elles ces sommes colossales qui peuvent déjà faire la valeur d’un trimestre d’allocation aux pensionnaires de l’OCSS? On sait que les allocations familiales doivent être versées par le trésor public et qui, faute d’être payées après de multiples et infructueux rendez-vous, avaient amené les pensionnaires à assiéger le cabinet du ministre des finances la semaine dernière ?
Cette situation échappe peut être au contrôle de nos gouvernants. Elle ne saurait se poursuivre indéfiniment au détriment de la population sous prétexte que les actuels ministres du gouvernement Doté ont trop souffert pour faire accéder le général Bozizé au pouvoir et que leurs parents, plus précisément leurs épouses doivent faire la fiesta avec les fonds de l’Etat. C’est tout le peuple Centrafricain qui a souffert et qui a aspiré au changement. Le sursaut patriotique du général Bozizé le 15 mars 2003 n’a été non seulement un succès militaire, mais plus le succès de toutes les couches de la nation, à cause de la bonne volonté de la population qui a su accompagner à sa manière l’action militaire de Bozizé et les libérateurs.
D’ailleurs la population l’a, à nouveau, et dignement manifesté avec les élections qui ont confirmé et légitimé Bozizé au pouvoir. S’il y a des retombées favorables, tout le peuple doit en bénéficier et non une frange qui se dit épouses de ministres.
Le développement du pays a besoin de la contribution de tout un chacun. Ces épouses de ministres, au lieu d’engloutir et thésauriser l’argent du pays, doivent, pour se prévaloir de ce titre, s’organiser en association humanitaire d’utilité publique et venir en aide par exemple à leurs consœurs victimes des vicissitudes de la vie telles que les veuves et les orphelins et les nombreux malades du Sida.
En outre, il est démontré que face aux problèmes des salaires qui rendent incapables les travailleurs centrafricains, ce sont les femmes qui, à travers leurs petits commerces, supportent les charges de la famille. Au lieu de thésauriser l’argent (il nous a été relaté que ces épouses de ministres, une fois le pactole reçu, ne le mettent pas en banque mais l’enfouissent dans le sol), ces dames devaient prendre des initiatives tendant à mettre en place un système de tontine à l’intention des femmes opératrices économiques de faible niveau afin de renforcer leurs capacités seraient louables. L’exemple des africaines de l’ouest qui, petitement, arrivent à ériger de grosses entreprises doit inspirer les centrafricaines et les amener à des initiatives de développement d’intérêt général au lieu qu’elles se recroquevillent sur des intérêts égoïstes qui ruinent le pays.
En somme, cette situation nous amène à s’interroger sur le montant du traitement de ceux qui nous gouvernent. Si déjà leurs épouses cotisent plus de deux millions de Fcfa par mois, c’est dire que ces derniers en ont beaucoup pour sacrifier autant d’argent à leurs femmes.













