Cette cérémonie s’est tenue au lieu même de la formation, le Centre Jean XXIII, le lundi 10 mai 2010, à douze heures. L’Unesco était représentée par son Chargé de l’antenne à Bangui, M. Alhabo Mahamat-Amad. L’on notait également la présence du Coordonnateur de l’Institut Panos/Paris et du Chargé de mission au ministère de la Communication. Il faut noter que les participants étaient au nombre de dix, dont cinq de Paoua et cinq de Birao –dont une seule femme-. Avant la remise des attestations aux participants, le responsable de la formation, l’abbé Jean Ignace Manengou, a livré le rapport de la formation à l’assistance. Selon lui, « les participants ont évalué l’atelier et se sont rendus compte que deux semaines de formation des membres des comités de gestion sont certes nécessaires, mais insuffisantes et qu’un appui sur site s’avère presque obligatoire. Car comment assimiler toutes ces notions si on ne les applique pas dans la réalité pour mieux les comprendre et les intégrer ? Les membres des comités de gestion souhaitent et proposent à l’Unesco de leur donner cette opportunité pour que les stations soient accompagnées un certain temps. Ce ne serait que bénéfique aux radios, surtout que certains membres des comités de gestion n’ont pas pris part à cette formation ». Voici par ailleurs l’essentiel de l’allocution donnée par le représentant du ministre Fidèle Gouandjika à cette cérémonie de clôture. « Cette formation initiée par l’Unesco vient après celle des animateurs et techniciens qui s’est déroulée dans ce même centre du 22 mars au 22 avril 2010… Au cours de cet atelier, vos capacités ont été renforcées durant deux semaines dans les domaines suivants : la gestion budgétaire transparente, le marketing, la mobilisation des ressources, l’administration d’une radio communautaire, les spécificités d’une radio communautaire. Les échos positifs de la formation qui me sont parvenus démontrent de l’intérêt que vous accordez aux médias en général et à la radio communautaire en particulier. En effet, la philosophie de la radio communautaire est de permettre aux « sans voix » de s’exprimer et surtout d’offrir un outil de développement. La radio communautaire est définie comme comportant trois aspects : celui d’une activité non lucrative, contrôlée par la communauté qui en est le propriétaire, caractérisée par la participation de la communauté.
Culture de paix
Il faut qu’il soit bien clair, dans l’esprit de tous, que l’objectif de la radio communautaire, radio de proximité, n’est pas de faire quelque chose pour elle-même, comme par exemple, posséder et contrôler son propre moyen de communication. C’est pourquoi le projet des radios communautaires de Birao et Paoua a été initié par le gouvernement centrafricain à travers le ministère de la Communication, du civisme, de la réconciliation nationale et du suivi du Dialogue et mis en œuvre par l’Unesco grâce au financement du Fonds de consolidation de la paix… Je tiens à rappeler que l’objectif du projet radios communautaires de Birao et Paoua est de : (1) instaurer une culture de paix dans ces localités post-conflit à travers l’information et la formation des communautés de base ; (2) produire et diffuser des émissions sur l’agriculture, l’élevage, la protection des populations vulnérables, notamment les femmes, les enfants et les personnes âgées ; (3) sensibiliser pour le retour des réfugiés et des personnes déplacées ; (4) lutter contre le VIH/SIDA ; (4) aider au désarmement et à la démobilisation des ex-combattants… Après la formation que vous (stagiaires) venez de recevoir, vous serez responsables du fonctionnement de votre radio au nom de la communauté qui vous a élus, notamment dans le domaine du bon déroulement de la radio, du respect de la ligne éditoriale, de la déontologie et de l’éthique, de la programmation des émissions, du respect des contrats avec les partenaires qui appuient la production des émissions, de la recherche de fonds au niveau local, national et international pour le fonctionnement de la radio, de la gestion transparente, de l’application stricte de l’ordonnance n°05.002 du 22 février 2005 relative à la liberté de la communication en République Centrafricaine. J’ose espérer que vous ne faillirez pas à vos devoirs, car la communauté qui vous a élus ne vous le pardonnera pas ». Au nom du président de la République et du gouvernement, M. Philémon Lakoué a vivement remercié l’Unesco et le Fonds de consolidation de la paix (ONU) pour avoir financé et organisé cette formation, avant de déclarer clos les travaux dudit Atelier.