Cette rencontre avec les hommes et femmes des médias s’est déroulée dans la salle de conférence de l’Ecole nationale d’administration (ENAM). Les membres de la société civile centrafricaine venaient alors d’achever un atelier de travail destiné au démarrage de leurs activités en rapport avec les échéances électorales qui s’annoncent dans le pays. Dans son mot liminaire, Mme Ngaïdama a déclaré que les élections viennent après de longues difficultés endurées par le peuple centrafricain. C’est pourquoi la société civile entend s’impliquer dans le processus en cours pour que le peuple puisse vivre dans un pays durablement démocratique. Aux acteurs, elle a lancé le message suivant. Primo, au Gouvernement, il est demandé l’organisation d’élections justes et crédibles qui donnent l’égalité des chances à tout un chacun. Elles ne doivent pas souffrir de contestations inutiles.
Elles doivent aussi se dérouler dans un climat de sécurité totale qui embrasse les villes aussi bien que les villages de l’arrière-pays. Secundo, aux partis politiques, il est recommandé la tenue de discours et d’attitudes démocratiques pour sortir de la crise. Ce discours doit être orienté vers le vécu quotidien des populations : la santé, les infrastructures, la justice, l’emploi, le développement, etc. Tertio, le peuple souverain est constitué des hommes et des femmes égaux d’après la Constitution du 27 décembre 2004. Il n’y a plus de sujets en terre centrafricaine. Quarto, à la communauté internationale, un appel pressant est lancé pour qu’elle s’implique davantage pour que la RCA sorte définitivement de la crise. Quinto, la presse est appelée à être le guide du peuple. La nation toute entière lui sera redevable d’avoir agi selon l’intérêt général… De nombreuses questions ont été posées. La plupart avaient trait à l’insécurité dans certaines zones du pays (cf. les attaques de la LRA), aux deux récents cas de ‘’disparitions’’ d’anciens chefs rebelles (Massi et Hassan), au code de bonne conduite, etc. Un confrère s’est même demandé si la société civile n’était pas démissionnaire ! Des réponses appropriées ont été données aux journalistes conjointement par les membres du présidium. La période de post-conflit où se trouve la RCA est délicate. D’où il faut agir avec tact et modération en évitant la précipitation. L’enjeu des élections est de taille à telle enseigne que tout échec conduirait inéluctablement à des conséquences imprévisibles. La société civile vit des cotisations de ses membres. Quand elle produit un communiqué par exemple, il serait souhaitable aux organes de presse de redoubler d’effort pour relayer l’information. Le cas Charles Massi est un dossier délicat où il est interdit à quiconque, même la société civile, de s’avancer à la légère. Quant au code de bonne conduite de 2005, bientôt les parties prenantes au processus électoral vont le réactualiser. Enfin, tout le monde a reconnu que le rôle des médias et de la presse dans le processus électoral, de bout en bout, est de prime importance. Cette conférence de presse s’est achevée à treize heures quarante cinq.