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EDITORIAL
FEBRILITE
La vie est fébrile, elle est très fébrile aujourd’hui en Centrafrique. La vie humaine n’a plus de valeur tant pour ces ex libérateurs que pour le gouvernement qui n’arrêtent de mettre fin à cette vie de manière brusque et immorale, sinon, de la martyriser. Les derniers événements malheureux restent encore gravés dans les mémoires.
Et puis les Chauffeurs de taxis et bus sont en grève. Une grève très suivie. On dirait même la première de cette catégorie professionnelle qui ait parfaitement réussi. Plusieurs grèves de ce genre ont capoté du fait des comportements non cohérents des chauffeurs de taxis et bus qui agissent comme si leur syndicat n’arrivait pas à les unir pour soutenir unanimement les actions initiées pour la défense de leurs intérêts. D’ailleurs, la hausse des prix du carburant à la pompe a systématiquement mobilisé les chauffeurs de taxi et bus qui ont fait front commun pour la défense de leurs intérêts. Non seulement que la hausse des prix du carburant est de nature à réduire la marge de leur « pourboire » quotidien, surtout leurs recettes journalières, certains ont automatiquement exigé 150 F cfa pour les taxis et les 125 F cfa pour les bus. Ce qui n’est que normal puisque c’était les tarifs officiels de la dernière réglementation fixée par le gouvernement. Mais, cette attitude n’a pas été comprise par certains clients qui l’ont considérée comme une hausse conséquente des tarifs de taxis et bus et a fait des problèmes à l’encontre de ces conducteurs de taxis et bus ainsi que leurs receveurs. Certains ont même reçus des injures voire des agressions physiques. Pauvres conducteurs de taxis et bus. Vous n’avez pas été compris, mais votre absence a été amèrement ressentie et comprise. Comprise ? Peut-être pas encore. Sinon, c’est toute la population qui devait se joindre à votre mouvement. Oui toute la population, car le niveau de salaires n’a jamais été revu en hausse depuis plusieurs décennies alors qu’on va de hausse à hausse de la TVA, des prix de denrées de base et produits de première nécessité. Ceci a tendance à réduire le train de vie de la population. La mesure du pétrole lampant par exemple est passée de 40 F cfa à 60 F cfa. On s’attend à la hausse du prix du sac du manioc qui ne cesse de fluctuer car, certainement, si le gouvernement ne revient pas sur sa décision relative à la hausse des prix du carburant, les transporteurs qui guettaient déjà l’occasion vont y sauter et augmenter les tarifs des transports. Du coup, les prix des denrées venant des provinces vont grimper jusqu’à dépasser la hauteur des collines des Bas Oubangui. Et c’est la vie du ménage qui demeurera dans un état continu de fébrilité. Mathurin Nestor Constant Momet
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Mardi 10 Janvier 2006
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