Cette grande voie urbaine commence depuis le monument des martyrs et s’arrête à l’aéroport Bangui M’poko. Elle est bordée des immeubles abritant des Institutions de la République, des Ambassades, le siège de la Communauté, Economique, Monétaire en Afrique Centrale (CEMAC). A titre d’exemple, on peut citer la Primature, l’Ambassade de la République Populaire de Chine, l’hôpital communautaire, la Télévision Centrafricaine etc. Toutes les cérémonies de taille au niveau de la capitale Bangui sont souvent organisées sur cette vaste avenue, défilés, remise des décorations. C’est d’ailleurs là qu’avait eu lieu l’exposition des corps des anciens présidents David Dacko et André Kolingba.
C’est dire que c’est l’une des meilleures avenues de la République Centrafricaine. Mais depuis quelques mois, cette avenue connaît une dégradation sans précédent au point où bon nombre de taxis et bus n’éprouvent plus l’envie de l’emprunter. Les travaux des replâtrage qu’effectue le Fonds Routier a des limites. Il est temps que les autorités de la République puissent se pencher sur ce dossier préoccupant.
L’on a le droit de s’interroger si cette triste réalité échappe au Ministre en charge des Travaux des Public ? Comment comprendre qu’après 50 ans d’indépendance, le Pays ne se lance pas réellement dans la politique de la reconstruction ? La mairie de Bangui qui a pour mission d’embellir la capitale n’est pas préoccupée par la dégradation de cette avenue? Quelle politique initient ces ingénieurs que l’Etat a eu à former à grands frais pour les mettre au service de la République ? Hélas ! Ils sont devenus des grands théoriciens bons seulement à s’enfermer dans des bureaux climatisés, enseigner des cours théoriques à l’Université de Bangui à la quête de l’argent. C’est une honte de voir le personnel du Fonds Routier à l’approche des grandes cérémonies organisées sur l’avenue des Martyrs de procéder aux éternels exercices des replâtrages.
Et, comme pour tremper la vigilance, l'équipe travaille toute la nuit et au nom de quoi ? Au nom de la philosophie de « Kwa Ka Kwa » et des primes, heures supplémentaires, dit-on. Alors où est la conscience professionnelle ? A-t-on besoin de miracle pour réfectionner l’avenue des Martyrs ? La réponse est certes non ! Mais une absence réelle de volonté politique dans ce sens est notoire. En attendant, quelles honte et peine de voir les cortèges du Premier Ministre, du Président de l’Assemblée Nationale et même celui du Président de la République emprunter cette avenue de référence aujourd’hui dégradée ?
Le Ministre en charge de ce volet est comme un poisson dans l’eau; ce qui suppose que, pour ce membre du Gouvernement, tout va bien. N’est ce pas que cette mauvaise philosophie n’est pas à mettre à l’actif du chef de l’Etat qui n’est pas appelé à tout faire ? Une initiative louable de voir des beaux bus parqués dans les locaux du Complexe sportif 20.000 places. A la question de savoir pourquoi, c’est une compagnie de transport qui va bientôt faire ses preuves en Centrafrique. Bravo ! Mais pour combien de temps si l’état des routes est ainsi ? Autrement dit c’est casser volontiers ces beaux bus.
A bien voir, c’est comme mettre les charrues avant les bœufs. Ressaisissez-vous … Sinon prétendre au développement du Pays sans mettre l’accent sur les routes n’est qu’utopie.