En effet, les festivités marquant le 13 août 2008 ont été célébrées à Salo, par l’inauguration du dépôt de carburant de cette localité et à Nola par le grand défilé et les autres manifestations. Le dépôt pétrolier de Salo est le deuxième après celui du port pétrolier de Bangui, qui assurera la déserte de tout l’ouest du pays à moindre coût. L’ouverture de ce dépôt est l’œuvre de la SOCASP. Salo est situé à 60 km de Nola et le dépôt peut être desservi par voie terrestre par le Cameroun ou par la voie fluviale par le Congo (Brazzaville et la République Démocratique du Congo).
Autopsie de 48 années
A Nola les cérémonies ont débuté au-delà de 12 heures par les différentes décorations. Dans son discours de bienvenue M. Pierre Etoua, le Président de la Délégation Spéciale de la Commune de Nola, a souhaité la bienvenue à ses hôtes. Puis le premier citoyen de la ville a présenté les doléances de toutes les populations de la Sangha Mbaéré.
Le nœud de la célébration était le discours tant attendu du Président de la République à l’occasion du 48è anniversaire de la proclamation de l’indépendance.
Dans son discours à Nola, qui est un message à la nation à l’occasion du 13 août 2008, le Président François Bozizé, tout en répondant aux doléances du premier citoyen de la ville de Nola au nom de la population de la Sangha Mbaéré, a aussi profité de l’occasion pour faire une véritable autopsie des 48 années d’indépendance de la République Centrafricaine. Le Chef de l’Etat, à cette occasion, a déclaré que ce rendez-vous de Nola est celui de la stigmatisation des valeurs républicaines et des principes d’unité, de dignité et de travail, qui sont les fondements de la patrie de Zo Kwe Zo. Cette année, a affirmé le président François Bozizé, le 13 août 2008 est placé sous le signe de la paix, de l’unité et de l’engagement pour la construction de la République Centrafricaine par le mot d’ordre de Kwa na Kwa qui lui est cher. Le 13 août 2008 marque la reprise des activités économiques dans la Sangha Mbaéré dont le dépôt pétrolier de Salo est le premier maillon de la chaîne.
Bozizé condamne les actes de violence et de vandalisme
Réaliste, le Général François Bozizé a reconnu que le bilan des 48 années d’indépendance est plutôt mitigé parce que jalonné de fortunes diverses. Le Chef de l’Etat a fustigé au passage les démons du clientélisme, de la gabegie et du népotisme qui ont fini par laisser des traces profondes sur un peuple pourtant réputé pacifiste. 48 ans de misère, 48 ans de desctruction du tissu économique et social, 48ans de force, s’est écrié le président François Bozizé. La communauté internationale se demande si les Centrafricains veulent vraiment relever les défis des objectifs du millénaire pour le développement.
Analysant les réalisations sur le plan institutionnel depuis 2003 et le pardon demandé au peuple centrafricain pour qu’il fasse son introspection sur le chemin parcouru jusqu’à lors et jeté un regard sur l’avenir pour voir le chemin qui nous reste à parcourir. Une belle image pour le Centrafricain habitué généralement au désespoir. Le Chef de l’Etat s’est interrogé sur ce qui peut amener encore les Centrafricains à recourir aux armes et à ressusciter les démons de la division avant même la tenue du dialogue politique inclusif et après les accords de Syrte, de Birao et de Libreville pourtant salués par tous.
Avec des interrogations successives, le Président de la République a évoqué les destructions et les actes de vandalisme sur les édifices publics et privés, l’assassinat, les humiliations, l’érection des barrières pour obstruer la bonne circulation des personnes et des biens. Des actes qui n’honorent pas.
L’artillerie verbale lourde
Poursuivant la peinture de la situation actuelle, le général François Bozizé a déclaré que notre pays est dans un état exsangue. Puis il a fait remarquer le manque de crédibilité des Centrafricains, lorsqu’ils font montre d’insouciance et d’inconscience pour leur pays. François Bozizé, tout en analysant et en connaissant les points faibles du pays, n’a pas manqué de fustiger ceux qu’il qualifie de marchands d’illusion, qu’il avait mis à l’œuvre et a soulevé le manque de crédibilité dont font preuve certains centrafricains. Pour François Bozizé, ceux qui promettent des miracles, abusent de la bonne foi des Centrafricains et les méprisent par leur nature profonde qui est loin de changer.
Utilisant l’artillerie verbale lourde, François Bozizé déclare qu’on ne peut faire confiance à ceux là qu’hier ont volé, tué violé et qui aujourd’hui, par procuration, violent et tuent sous d’autres masques. L’érection du despotisme et du népotisme en méthode de gouvernement est leur œuvre. Le bradage des diplômes qui étaient distribués à tour de bras à leurs proches est l’œuvre sinistre des marchands d’illusion. Par des images fortes en ce qui concerne l’état des routes, la voie mangeable semée d’embauches et la disserte aérienne à compte-gouttes, François Bozizé a fait observer que l’héritage laissé par ses prédécesseurs est catastrophique. Mais, selon le Chef de l’Etat, au lieu de se tenir tranquilles, ceux, qui ont causé beaucoup de torts au pays, se croient investis d’une nouvelle sainteté. Dans une analyse comparative, le Président François Bozizé a énuméré les efforts déployés par le régime actuel dont la paix avec tous les pays de la sous région, la présidence de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC). Ce qui augure d’un retour à la confiance des partenaires. Pour le Chef de l’Etat, les exigences de l’avenir nous interpellent, non seulement individuellement, mais aussi collectivement pour le développement du pays. Revenant sur l’illusion prêchée par ses détracteurs, le Chef de l’Etat a exhorté les centrafricains à ne pas céder aux chants des sirènes, aux solutions de facilité, aux idées préconçues, car pour le général Bozizé, seul le travail libère et il l’a martelé à trois reprises.
Le pays ne sera construit que par des efforts soutenus et non par les armes qui n’amènent que la désolation et les pleurs.