Le dimanche 18 juillet 2004, la délégation centrafricaine a quitté Bangui pour Genève (Suisse). Cette délégation forte de quatre membres et composée de M. Thierry MALEYOMBO, Haut Commissaire aux Droits de l’Homme et à la Bonne Gouvernance, M. Basile DIBA, Directeur Général au Haut Commissariat détaché à la Présidence chargé des Droits de l’Homme et de la Bonne Gouvernance et M. Firmin Feindiro, Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Bangui aura à présenter le 22 juillet 2004 devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies la situation des Droits de l’Homme en République Centrafricaine.
Cette rencontre international intervient un an et quatre mois après le coup d’Etat du 15 mars 2003 et deux semaines après l’arrestation de notre confrère MAKA GBOSSOKOTTO Jean Rigobert, Directeur de Publication du ‘’Le Citoyen’’.
Afin de mieux cerner la portée de ce rendez-vous mondial, il faut remonter aux exigences faites par les Etats de vieille démocratie aux jeunes nations pour la promotion de la démocratie et de la bonne gouvernance. Depuis 1990, les pays industrialisés ou mieux la communauté internationale a décidé de lier son assistance financière aux Etats en voie de développement au respect des principes de la démocratie et à ceux des Droits de l’Homme.
A Genève, tous les Etats membres de l’Organisation des Nations Unies évalueront les efforts qu’ils ont pu réaliser dans le cadre de la promotion de la démocratie et des valeurs humaines en vue d’encourager le bien-être de leurs peuples et d’impulser le développement.
Dans le cas centrafricain, avec le changement du 15 mars 2003, le peuple pensait à tort que les braquages, les viols et vols, les exécutions sommaires, l’impunité et l’injustice sociale ne seront plus qu’un triste souvenir.
En réalité, la situation n’a pas évolué conformément au voeu du peuple centrafricain qui n’aspire légitimement qu’à la paix. Notre affirmation est fondée parce que notre confrère MAKA GBOSSOKOTTO qui a dénoncé la gestion scabreuse de l’ancien Directeur Général de l’Energie Centrafricaine (ENERCA), M. Jean Serges WAFIO a été arrêté le 8 juillet à la SRI et transféré à la maison carcérale de NGARAGBA le 12 du même mois. Au cours de procès qui s’est déroulé le 16 juillet 2004, le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Bangui, Firmin Féindiro a requis 12 mois d’emprisonnement ferme contre ce dernier conformément aux instruction écrites du Procureur Général près la Cour d’Appel, M. Sylvain NZAS. La démarche de mise en liberté provisoire a été rejetée par le Président du Tribunal, M. Trinité BANGO SANGAFIO qui a renvoyé le délibéré au 9 août 2004.
En une année et quatre mois de règne du Général François BOZIZE, la population carcérale a augmenté.
Il y a d’une part, les barrons et proches de l’ancien régime et qui sont soupçonnés de détournements notamment MM. Jean Edouard Gabriel KOYAMBOUNOU le Lieutenant NDJADDER Firmin, Simon KOULOUMBA, TOBY KOTAZO et Jacquesson MAZETTE qui, lui, vit dans la clandestinité et d’autre part des compatriotes de la poste et ceux qui ont détourné les dons japonais, etc. sont détenus depuis des mois voire des années sans être jugés.
L’ancien Directeur Général de la SOCATEL et ancien député MLPC du 8e arrondissement. M. Joseph ZOUKETIA BOY KOTA a été poursuivi pour détournement et abus de biens sociaux. Après avoir purgé un mois de détention, le 3e juge d’instruction, le magistrat MOUTE a décidé de le remettre en liberté provisoire sous contrôle judiciaire.
Le 14 mai 2004, le Procureur Général M. Sylvain NZAS a verbalement fait savoir au 3e juge d’instruction qu’il a reçu des instructions selon lesquelles ce dernier doit arrêter immédiatement ZOUKEITIA-BOYKOTA Joseph. Toutes les explication du magistrat MOUTE n’ont pas poussé le Procureur Général a changé de décision. Le 17 mai le 3e juge d’instruction a décidé de se dessaisir du dossier. L’inculpé ZOUKETIA-BOYKOTA a finalement été reconduit à la maison d’arrêt de NGARAGBA.
De même le 22 novembre 2003, M. Jefferson KENGUELEWA, Alexis NZENGUE, Alexis KOYANGBO, Firmin YAOULI et Désiré LOBAKA ont été arrêtés dans le cadre de l’affaire des brassards et foulards retrouvés dans un domicile privé à la SICA I. Le 16 décembre 2003, ceux-ci ont été présentés au parquet et placés sous mandat de dépôt à la prison de NGARAGBA pour atteinte à la sûreté de l’Etat par l’achat d’armes et l’incitation à l’insurrection pour déstabiliser le régime. Depuis cette date jusqu’à ce jour, ces prévenus sont toujours privés de leur liberté.
A ce tableau sombre de la violation du délai de garde à vue, il faut ajouter le fait que les travailleurs du secteur public accusant déjà des arriérés de salaire, l’absence de dialogue entre les acteurs de la transition.
Par ailleurs, on assiste à une justice à deux vitesses dans la mesure où l’affaire du Ministre Jules OUANDE contre le capitaine LAOULE et le gestionnaire LAMBA a été étouffée par la hiérarchie de la justice sans que le peuple ne soit fixé sur les véritables détournements au sein du département en charge du désarmement. Le Ministre OUANDE exempté de répondre aux questions de la Justice, LAOULE et LAMBA, quant à eux, croupissent en prison.
A la lumière des faits évoqués ci-dessus et qui n’échappent pas à la communauté internationale, il y a lieu de se poser la question de savoir si l’entourage du Président Bozizé l’aide à réussir cette Transition.
Hier les fiches mensongères ont fait des victimes et endeuillé des familles. Aujourd’hui, les fiches continuent de semer la désolation au sein de la population.
Le régime de Bangui devrait en principe gagner en accélérant les procédures judiciaires engagées contre les criminels économiques et autres fraudeurs, mais surtout en promouvant les Droits de l’Homme et la Bonne Gouvernance pour bénéficier de l’appui de la communauté internationale.
Qu’est-ce que le peuple peut attendre de cette mission qui est déterminante pour la suite de la Transition?
Cette rencontre international intervient un an et quatre mois après le coup d’Etat du 15 mars 2003 et deux semaines après l’arrestation de notre confrère MAKA GBOSSOKOTTO Jean Rigobert, Directeur de Publication du ‘’Le Citoyen’’.
Afin de mieux cerner la portée de ce rendez-vous mondial, il faut remonter aux exigences faites par les Etats de vieille démocratie aux jeunes nations pour la promotion de la démocratie et de la bonne gouvernance. Depuis 1990, les pays industrialisés ou mieux la communauté internationale a décidé de lier son assistance financière aux Etats en voie de développement au respect des principes de la démocratie et à ceux des Droits de l’Homme.
A Genève, tous les Etats membres de l’Organisation des Nations Unies évalueront les efforts qu’ils ont pu réaliser dans le cadre de la promotion de la démocratie et des valeurs humaines en vue d’encourager le bien-être de leurs peuples et d’impulser le développement.
Dans le cas centrafricain, avec le changement du 15 mars 2003, le peuple pensait à tort que les braquages, les viols et vols, les exécutions sommaires, l’impunité et l’injustice sociale ne seront plus qu’un triste souvenir.
En réalité, la situation n’a pas évolué conformément au voeu du peuple centrafricain qui n’aspire légitimement qu’à la paix. Notre affirmation est fondée parce que notre confrère MAKA GBOSSOKOTTO qui a dénoncé la gestion scabreuse de l’ancien Directeur Général de l’Energie Centrafricaine (ENERCA), M. Jean Serges WAFIO a été arrêté le 8 juillet à la SRI et transféré à la maison carcérale de NGARAGBA le 12 du même mois. Au cours de procès qui s’est déroulé le 16 juillet 2004, le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Bangui, Firmin Féindiro a requis 12 mois d’emprisonnement ferme contre ce dernier conformément aux instruction écrites du Procureur Général près la Cour d’Appel, M. Sylvain NZAS. La démarche de mise en liberté provisoire a été rejetée par le Président du Tribunal, M. Trinité BANGO SANGAFIO qui a renvoyé le délibéré au 9 août 2004.
En une année et quatre mois de règne du Général François BOZIZE, la population carcérale a augmenté.
Il y a d’une part, les barrons et proches de l’ancien régime et qui sont soupçonnés de détournements notamment MM. Jean Edouard Gabriel KOYAMBOUNOU le Lieutenant NDJADDER Firmin, Simon KOULOUMBA, TOBY KOTAZO et Jacquesson MAZETTE qui, lui, vit dans la clandestinité et d’autre part des compatriotes de la poste et ceux qui ont détourné les dons japonais, etc. sont détenus depuis des mois voire des années sans être jugés.
L’ancien Directeur Général de la SOCATEL et ancien député MLPC du 8e arrondissement. M. Joseph ZOUKETIA BOY KOTA a été poursuivi pour détournement et abus de biens sociaux. Après avoir purgé un mois de détention, le 3e juge d’instruction, le magistrat MOUTE a décidé de le remettre en liberté provisoire sous contrôle judiciaire.
Le 14 mai 2004, le Procureur Général M. Sylvain NZAS a verbalement fait savoir au 3e juge d’instruction qu’il a reçu des instructions selon lesquelles ce dernier doit arrêter immédiatement ZOUKEITIA-BOYKOTA Joseph. Toutes les explication du magistrat MOUTE n’ont pas poussé le Procureur Général a changé de décision. Le 17 mai le 3e juge d’instruction a décidé de se dessaisir du dossier. L’inculpé ZOUKETIA-BOYKOTA a finalement été reconduit à la maison d’arrêt de NGARAGBA.
De même le 22 novembre 2003, M. Jefferson KENGUELEWA, Alexis NZENGUE, Alexis KOYANGBO, Firmin YAOULI et Désiré LOBAKA ont été arrêtés dans le cadre de l’affaire des brassards et foulards retrouvés dans un domicile privé à la SICA I. Le 16 décembre 2003, ceux-ci ont été présentés au parquet et placés sous mandat de dépôt à la prison de NGARAGBA pour atteinte à la sûreté de l’Etat par l’achat d’armes et l’incitation à l’insurrection pour déstabiliser le régime. Depuis cette date jusqu’à ce jour, ces prévenus sont toujours privés de leur liberté.
A ce tableau sombre de la violation du délai de garde à vue, il faut ajouter le fait que les travailleurs du secteur public accusant déjà des arriérés de salaire, l’absence de dialogue entre les acteurs de la transition.
Par ailleurs, on assiste à une justice à deux vitesses dans la mesure où l’affaire du Ministre Jules OUANDE contre le capitaine LAOULE et le gestionnaire LAMBA a été étouffée par la hiérarchie de la justice sans que le peuple ne soit fixé sur les véritables détournements au sein du département en charge du désarmement. Le Ministre OUANDE exempté de répondre aux questions de la Justice, LAOULE et LAMBA, quant à eux, croupissent en prison.
A la lumière des faits évoqués ci-dessus et qui n’échappent pas à la communauté internationale, il y a lieu de se poser la question de savoir si l’entourage du Président Bozizé l’aide à réussir cette Transition.
Hier les fiches mensongères ont fait des victimes et endeuillé des familles. Aujourd’hui, les fiches continuent de semer la désolation au sein de la population.
Le régime de Bangui devrait en principe gagner en accélérant les procédures judiciaires engagées contre les criminels économiques et autres fraudeurs, mais surtout en promouvant les Droits de l’Homme et la Bonne Gouvernance pour bénéficier de l’appui de la communauté internationale.
Qu’est-ce que le peuple peut attendre de cette mission qui est déterminante pour la suite de la Transition?













