Le samedi 19 décembre 2009, sur les ondes de la « station mère », cette radio d’Etat communément appelée Radio Centrafrique, le public a eu droit au cours de l’émission ‘‘A cœur ouvert’’, réservée aux compatriotes de la diaspora, à ce qu’il convient de considérer comme le scandale de l’année. Le scandale mettait en scène deux personnalités pas des moindres, tous membres du gouvernement du super mathématicien de la République, le tres respectable premier ministre Faustin Archange Touadera. Une véritable attaque par personnes interposées mettant en scène le ministre d’Etat, en charge de la communication, de la réconciliation nationale et du dialogue, Cyriaque Gonda et le ministre en charge de la Jeunesse, des Sports, des Arts et de la culture, Aurélien Simplice Zingas.
En effet, le ministre Aurélien Simplice Zingas assisté de Edouard Ngaïssona, président de la Fédération centrafricaine de football étaient les invités de l’émission « A cœur ouvert », produit par Julio Itadé avec un compatriote de la diaspora en la personne de Salléh Toki. Les deux invités se trouvaient dans le studio de Radio Centrafrique, quand le ministre résident de la Vakaga, le ministre d’Etat Cyriaque Gonda, à Birao en train de célébrer en différé la commémoration de la fête du 1er décembre, appelle à la « station mère » et demande à ce qu’on arrête l’Emission « A cœur ouvert » pour la retransmission en direct de cette cérémonie.
Des insanités et la politisation de l’affaire
Ce qu’on pensait être un petit incident va vite se transformer en un scandale. Le ton a frôlé la dictature. Au bout du fil, le producteur entend, je vous passe le ministre d’Etat.
Le ministre : ‘‘Dondo mama ti mo’’ ! Avant ti tené mbi si na Bangui, mo gui ndo ti mo mo hon dâ. Niaiseries ! ( le cul de ta mere, avant que je n'arrive a Bangui, disparais). Des propos indignes d’un ministre et ministre d’Etat, ministre de la réconciliation nationale et du dialogue. Entre temps, le Directeur de cabinet qui a eu pour son compte avait retiré le producteur de l’émission dans un coin pour lui faire part du mécontentement du ministre d’Etat ; parce que pour ce dernier, on doit consacrer l’antenne à la retransmission de la cérémonie et non à la production d’une émission.
La question qui se pose est celle de savoir si des dispositions étaient déjà prises avant que le ministre d’Etat se rende à Birao pour la célébration et la retransmission en direct du 1er Décembre. Et, s’il ne l’a pas fait, ) qui incombe la faute ?
La politisation de l’affaire
Le ministre Zingas déçu du fait que l’émission était arrêtée, sort de l’antenne courroucée. Il s’en prend à tout le monde et particulièrement au ministre d’Etat, Cyriaque Gonda. Déchaîné, le ministre Zingas lâcha dans la mare « pour qui se prend-il ce Gonda? Pourquoi ne veut-il pas entendre parler du KNK?
Il est toujours là à boycotter et à contrecarrer les actions du KNK. Je vais voir le président de la République pour lui parler de ce comportement ». No comments!
Mais, le ministre Zingas au plus fort de sa colère ne s’arrêtera pas à ce niveau puisque personnalisant le débat, il déclare « J’ai été pendant un moment ministre de ce département. Pourquoi on ne me doit pas du respect? ».
Le ministre Zingas en sortant de la concession de la Radio Centrafrique croise le Directeur de Cabinet du ministre d’Etat, M. Philémon Lakoué qu’il prend aussi à partie. « Toi aussi, tu es PNCN ? » Ne pouvant contenir sa colère puisque à défaut d’un règlement de cette affaire par le dialogue, Aurélien Simplice Zingas fait appel à ses biceps. Il engagea de ce fait un bon coup de poing en direction de Philemon Lakoué qui n’a pu se sauver de la situation que grâce à l’interposition de son chauffeur. Celui là selon certains témoins en avait eu chaud tellement que c’était une uppercut.
La diaspora entre en scène
Le feuilleton Gonda-Zingas qu’on croit fini à Bangui traverse les océans et atterrit chez les « tu me connais », c’est-à-dire nos compatriotes de la diaspora. Salleh Toki, coproducteur de l’émission « A coeur ouvert » qui co-animait avait Julio, aurait pris son téléphone pour informer le ministre d’Etat aux mines, Sylvain Doutingaï de cette situation. Pensant que la proximité des relations qu’entretiennent les deux hommes lui permettrait d’en informer qui de droit aux fins de quoi on ne sait.
Scandale au départ, cette affaire est devenue en quelques seconde, une affaire d’Etat. Normal puisque dans ce pays, tout le monde traite directement avec le chef de l’Etat. Même ceux qui ne peuvent pas s’approcher du Président de la République sont les tout premiers à nous pomper l’air et grogner à longueur de journée qu’ils iront voir le président comme si le Chef de l’Etat n’avait rien de plus important à faire que de traiter des affaires du genre. Et come tout le monde traite avec le président, qu’est-ce qui ne traite pas avec le chef de l’Etat ? Et quid du Premier ministre, le Pr. Faustin Archange Touadera dans tout ce puzzle ? Ne sert-il que de caisse à résonance ? Pourtant des petites affaires du genre auraient pu se régler au niveau du Chef du gouvernement. Hélas, avec de tels comportements où en sommes-nous avec le dialogue et la réconciliation?
Comment un ministre en charge de la Communication peut-il déjà commencer par insulter sur les ondes ses plus proches collaborateurs envers qui il promet déjà le calvaire? La vie d’un journaliste dépend-il seulement des humeurs des gens?
On ne cessera jamais de le dire, à une échelle de la société, il faut parfois se surpasser en ayant de la considération pour soi-même et pour ceux avec qui l’on est ensemble. Mais s’afficher comme le plus arrogant pour obliger les autres ) respecter ses vœux mêmes les plus « fous », cela sent la démesure n’est-ce pas?
Et que dire de ses ministres « fils à papa » qui n’ont rien d’autres à faire que de flagorner à longueur de journée que telle ou telle personnalité est contre le Chef de l’Etat, contre sa politique, contre ses actions et que savions-nous encore?
Bref, le président, une fois élu appartient à tous et c’est ensemble que nous pouvons relever les défis qui se posent ) notre société et non l’inverse.
Ce ne sont nullement les petits « sorciers politiciens » qui se réclament du président de la République qui nous diront le contraire. A bon entendeur…