Le Confident : M. Jacquesson Mazette, quand M. Pamadou Pamato a réfusé de prendre la parole, laissant au seul Patassé la paternité de son mensonge, personne d’entre les pères fondateurs du MLPC, présents à la réunion, n’a réagi ?
Jacquesson Mazette: Pour nous, Pamadou Pamato, c’était le premier président du MLPC. Quand il a réfusé de prendre la parole, c’est moi qui ai pris la parole pour dire à l’assistance que, tant que je serai vivant, je ne pourrais jamais accepter une version erronée sur l’historique du MLPC.
Moi-même, j’ai participé à la création du MLPC; je ne le dis pas pour me vanter. Mais si aujourd’hui, j’accepte la version de Patassé, cela veut dire que je vais le cautionner. Tout ce qu’il va raconter comme mensonge sur la création du MLPC quand il sera président de la République. J’ai relevé le défi en affrontant Patassé et j’ai expliqué la vraie genèse de la création du MLPC et j’ai demandé aux autres, Pamadou-Pamoto, Ouakanga, Kossibella, qui ont pris la parole tour à tour pour dire que ce que j’ai dit retrace la véracité de la situation de la création du MLPC.
Comment le MLPC originel a-t-il fait finalement pour que Patassé devienne président du Mouvement ?
Dès que David Dacko a fait son coup d’Etat le 30 septembre 1979, Patassé voulait se précipiter à Bangui. Il en a été empêché. Il a fait un tour à Tripoli et, de Tripoli, en Libye, il a réussi à regagner Bangui. Dès qu’il a mis pied dans la capitale, il a envoyé Dogo-Nendji Bé pour nous contacter. C’est à partir de là que nous avons eu la confirmation que Patassé est là avec son équipe et voudrait nous rencontrer. Nous n’ y avons vu aucun inconvénient. Nous nous sommes mis d’accord sur une date et la rencontre a eu lieu sous la paillote du professeur Ngaro au PK 10. Nous nous sommes retrouvés, y compris Ndode. Patasse prend alors la parole pour nous déclarer qu’il a mené la lutte de l’extérieur, et comme il est revenu au bercail, il souhaiterait nous rencontrer. Nous lui avons demandé comment il connaît le MLPC, puisqu’au moment de la création, il n’était pas là, et pourquoi de Paris, il s’est autoproclamé président du MLPC ? Nous avons ajouté que c’est par le truchement de Ndode qui a eu connaissance de l’existence de notre mouvement clandestin. Patassé, à cette occasion, nous dira la vérité. Il a déclaré qu’il n’a pas connaissance du MLPC par le canal de Ndode Albert, mais du président congolais Denis Sassou Nguesso. Selon Patassé, le Président Sassou Nguesso l’aurait contacté pour lui dire qu’il y a un groupe de jeunes enseignants à Bangui qui se battent et qui sont bien organisés. Mais seulement, ils ont un problème de leadership. C’est pourquoi il l’a fait venir à Brazzaville pour lui demander de prendre la tête du Mouvement. Et c’est à cette occasion qu’il lui remit les documents, statuts et règlement intérieur. Jusque là, pour moi, c’était plausible, puisque nous avions fait parvenir les documents aux autorités congolaises par la valise diplomatique de l’ambassadeur du Congo à Bangui. Patassé à l’occasion de cette rencontre nous a fait savoir qu’il a répliqué au président Sassou Nguésso, qu’il n’avait pas eu mandat des fondateurs du MLPC et que s’il s’autoproclamait président du mouvement, ce serait une trahison pour ceux qui ont créé le MLPC.
Toujours, selon Patassé, le Chef de l’Etat congolais lui aurait dit que c’est pour les besoins de la cause et c’est là où lui Patassé aurait dit d’accord. Il a pris Albert Ndodé avec lui. Il a regagné la France et c’est là où il a fait sa déclaration.
A la suite de cet aveu de Patassé, vous n’avez pas réagi ?
Quand il a fini son récit, nous, les pères fondateurs présents, nous avons échangé les regards et nous avons parlé d’autre chose. Ensuite, nous lui avons dit qu’il nous faut le temps de la réflexion et on s’est séparé. Le lendemain, on s’est donné rendez-vous à son bureau à SICAGRI. Ce jour là, il y avait Dobozendi, Ngaro, Doté-Badekara, Padoundji-Yadjoua. Nous étions également au grand complet. Ce jour, les camarades m’ont confié la responsabilité de faire la déclaration. J’ai dit à l’assistance que nous avons mûrement réfléchi et voilà la position que nous avons arrêtée.
Quelle position avez-vous arrêtée ?
Nous, la lutte que nous avions menée jusque-là, ce n’était pas dans le but de prendre le pouvoir, de nous installer aux commandes de l’Etat. Mais c’est parce que nous étions outrés par les exactions de Bokassa. Nous ne pouvions pas le tolérer en restant les bras croisés et c’est pourquoi nous avons créé le MLPC. Lutter pour le pouvoir, nous n’en avions pas l’expérience. Nous avions dit à Patassé que, par cet aveu, il nous a dit en partie ce que nous voulions savoir. Comme il a l’expérience du pouvoir et comme il nous a avoué que c’est le président Sassou Nguessou qui l’a contacté, à partir de cette rencontre, nous, pères fondateurs du mouvement, acceptons officiellement qu’il soit le président du MLPC. Pamadou-Pamoto, qui était président du MLPC dans la clandestinité, devenait vice –président et nous autres allions être au Comité Central. Et voilà comment nous nous étions mis d’accord à l’époque.
Après votre acceptation, Patassé n’a pas réagi ?
Patassé pour répondre, se lève. Quand il a voulu parler, les mots ne sortaient pas et il a éclaté en sanglots. Il s’est mis à pleurer. Il a versé des larmes comme un bébé. Quand il s’est enfin calmé, il a prononcé ces quelques mots. Il a déclaré qu’il pensait qu’on allait le repousser, qu’on ne pouvait pas l’accepter pour l’acte qu’il a posé. Il nous a ensuite remerciés pour le geste que nous avons fait et qui traduit notre grandeur d’esprit. Voilà comment Patassé est devenu officiellement le président du MLPC. Nous avons marqué notre surprise, parce que, lorsque des correspondances lui parvenaient, c’était au nom de président-fondateur. Nous lui avons fait remarquer qu’il faut qu’il cesse avec ce qui ressemble à des agissements par l’usurpation d’une qualité qui n’est pas la sienne. C’est ainsi que l’incident entre Dobanga et Ndama nous a permis de clarifier la situation de la genèse exacte du MLPC. Nous lui avons dit qu’il n’a jamais créé le MLPC. Ses propres créations de la FEANF en France, ses propres compagnons de lutte au sein du Parti Communiste Oubanguien sont encore vivants pour certains. Il suffit de se rapprocher de Dobozendi , de Padoundji-Yadjoua, des présidents Adama-Tamboux et de beaucoup d’autres, vous aurez la vérité et vous saurez vous faire une idée de la personne qui essaie de défrayer la chronique sur les ondes par ces mensonges grotesques.
Nous vous remercions pour la restitution de la vérité à propos de la création du MLPC!
Je vous remercie! Pour lever toute équivoque, je voudrais vous dire que depuis la création du MLPC le 22 Février 1979 dans la clandestinité, le premier congrès a eu lieu du 16 au 20 Novembre 1995 à Bangui. Ce Congrès ordinaire était décidé par Patassé lui-même. L’histoire du MLPC écrit, a été accepté par Patassé et tous ceux –là qui ont milité avec Patassé depuis la FEANF, le parti communiste oubanguien. Le document a été restitué à ce congrès par le camarade Hugues Dobozendi. C’était à cette époque-là que Patassé pouvait contester cette genèse du MLPC. Il ne l’a pas fait. Et c’est maintenant qu’il essaie de distraire l’opinion nationale et internationale. Dans quel but il le fait? Nous, les pères fondateurs encore vivants, ne cherchons pas à nous mettre en valeur par rapport à la création du MLPC. Mais il ne faut jamais trafiquer l’histoire, travestir l’histoire.
Et Patassé veut travestir l’histoire. Il veut déformer l’histoire et c’est contre cela que je m’insurge. Pour le moment, le seul père fondateur qui continue encore à militer au MLPC, c’est moi. Fort de ce que je vous dis, dès que Patassé sera là, allez vers lui pour sa version de la genèse du MLPC qu’il aurait créé.
Dès qu’il sera là, la presse n’a qu’à organiser un débat public, radiotélévisé sur la genèse du MLPC. Il y va du devoir de mémoire.
LIRE EGALEMENT MLPC: les mesonges de Patassé (1ère partie)
CLIQUER ICI pour également lire MLPC: les mensonges de Patassé (2e partie)