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NDOMBY Saturnin « Le FODEM est et demeure un Parti démocratique qui refuse la prise de pouvoir par les armes »



NDOMBY Saturnin « Le FODEM est et demeure un Parti démocratique qui refuse la prise de pouvoir par les armes »
 On considère le Fodem comme un parti caméléon, un parti instable qui tâtonne sur la scène politique. Votre commentaire.
 
 Le Forum Démocratique pour la Modernité (FODEM) est un Parti politique qui a été fondé le 24 Novembre 1997. Comme vous le constatez, il s’agit d’un Parti qui a, à ce jour plus de dix ans d’existence. Un Parti politique, comme toute organisation humaine ne peut traverser le temps sans s’adapter. L’histoire de notre Pays, les problématiques sociales et le contexte géopolitique font que le FODEM qui mène depuis toujours des réflexions, s’adapte. Il s’adapte de façon pragmatique en privilégiant l’intérêt national et le respect de ses Valeurs.

En politique, il est toujours possible de faire des compromis, ce qui est différent de compromissions.
Si conclure des accords politiques, c’est être instable, alors nous aurions probablement aidé à plonger notre Pays dans la véritable instabilité au moment où le peuple avait besoin de cohérence et de Paix.
 
L’accord signé avec le Président BOZIZE au second tour de la présidentielle était-il un bon choix ?
 A l’époque, cet accord avait été salué par toute la presse comme étant un accord responsable.
Faire la politique, c’est faire des choix et il s’agit souvent de faire des choix difficiles. Mais rien n’est véritablement difficile pour celui qui a des convictions et qui est capable de se projeter dans le temps, de façon objective.

Nous sortions de plusieurs années de régime PATASSE et il est inutile de vous rappeler que, Monsieur ZIGUELE était son dernier premier Ministre et surtout, celui sous le règne de qui nous avions connu les pires exactions et humiliations de notre histoire moderne.
 
Un petit rappel ne ferait pas de mal.
Alors que certaines candidatures à l’élection présidentielle étaient rejetées par la cour constitutionnelle, le Président du FODEM, à l’époque Monsieur Charles MASSI va se lever contre ce que nous avions qualifié de manœuvres ayant pour but d’écarter simplement des candidats à l’argumentaire sérieux. C’est ainsi que le FODEM va être à l’origine de la création de l’Union des Forces Vives de la Nation (UFVN), qui devait mener un combat de façon unie afin d’empêcher un holdup électoral dès le premier tour.

Je précise aussi que c’est grâce à cette initiative du FODEM que toutes les candidatures ont finalement été validées.
 
Sur le plan social, nous savons tous combien la Paix était au cœur de toutes les préoccupations.
 
Il eut été gravissime de faire un autre choix que celui que le FODEM avait décidé. Cela n’a pas été facile ni pour le PUN, ni pour nous.  Comme vous le savez certainement, il a fallu la médiation de l’infatigable Réconciliateur, le regretté Président OMAR BONGO ONDIMBA et du Président SASSOU NGUESSO pour aboutir à cet accord du second tour.
 
Nous pensons et je continue de croire que c’était un accord responsable.
  
Votre Président Fondateur a préféré prendre les armes. C’est à la fois une trahison pour le peuple, pour les militants de son Parti et aussi pour son allié BOZIZE.
 
De quelle trahison parlez-vous ? Qui a trahi qui ?
Les derniers engagements du Président Fondateur du Fodem ont crée quelques confusions, y compris au sein du Parti. D’ailleurs, vous êtes bien placés pour savoir ce qui s’est passé notamment à BANGUI au siège du FODEM.
 
Vous me parliez précédemment de l’accord du second tour de l’élection présidentielle.
Je vous ai répondu que c’était un bon choix et pour les quelques raisons que j’ai évoquées.
 
On trahit lorsqu’on ne respecte pas ou plus les termes d’un accord, lorsqu’on viole des dispositions auxquelles on est soumis.

Vous voyez qu’en ce qui concerne l’accord du second tour de l’élection présidentielle, il y a bel et bien eu trahison et je vous laisse  juger de mon affirmation, étant entendu qu’il vous suffit de reprendre les termes de cet accord pour y arriver.
 
S’agissant du Président Fondateur du FODEM, on pourrait parler de trahison si on n’était pas suffisamment informé.

La Politique est un parcours initiatique complexe. Pour rester soi-même, les choix et les décisions que l’on prend ne sont pas toujours comprises  par le plus grand nombre.

Mais nous savons également que la raison et le bon sens ne sont pas toujours du côté du plus grand nombre.

 La CPJP a existé avant Charles MASSI, ce n’est pas Charles MASSI qui a crée ce mouvement. Il s’agit d’anciens compagnons d’armes du Président BOZIZE qui se sont sentis trahis par leur Chef et qui ont opté pour la revendication armée.

Charles MASSI est devenu un des responsables de ce mouvement pour essayer de le ramener vers la Paix en négociant si possible avec le pouvoir de Bangui.

 Le FODEM est et demeure un Parti démocratique qui refuse la prise de pouvoir par les armes, il n’y a pas de discussion à ce niveau. C’est une position que nous avons toujours exprimée haut et fort et je mets quiconque au défit de me prouver le contraire.

C’est ainsi que, lorsque le Président Fondateur du FODEM a accepté de devenir le Coordonnateur de l’UFDR, il s’était volontairement placé au delà du Parti et nous l’avions dit dans un communiqué officiel. Ce n’est pas un secret. Je rappelle qu’il ne s’est pas opposé à la position du Parti qui obéit aux règles qu’il a lui-même contribuées à mettre en place.

Nous agissons conformément aux dispositions statutaires et respectons le règlement intérieur du Parti.

 Un petit rappel des faits tout de même :
 -  Après la prise de pouvoir par BOZIZE, Charles MASSI accepte de soutenir le nouveau régime et participe à travers le Conseil National de la Transition au nom du Fodem.
-  Participation aux élections présidentielles et législatives. Il échoue à l’élection présidentielle et est élu Député de la Nation.
-  Il opte avec son Parti pour l’accord du second tour qui a conduit à l’élection du Président François BOZIZE à la Présidence de la République.
-    Il participe au Gouvernement en occupant successivement en tant que Ministre d’Etat, les portefeuilles de l’équipement, Transports, de l’Aviation civile et du Développement rural.
      Participation loyale avec des réalisations que nous connaissons. La nouvelle desserte
      De Bangui par la compagnie Afriquiah qui arrange depuis bon nombre de Centrafricains aux revenus modestes. Pendant que j’y pense, souvenez-vous de son discours lors de la fête de la Moisson à BRIA !
-   Sortie du gouvernement et donc rupture de l’accord du second tour.
-     Désignation au sein du comité préparatoire pour la tenue de dialogue politique en remplacement de Monsieur MACKOUZANGBA qui devait entrer au gouvernement
-      Refus du Président BOZIZE de signer le décret de mise en application de cette désignation.
-      Malgré l’intervention de l’union européenne, de la France, Le Chef de l’Etat reste inflexible quant à son refus.
-      Impossibilité pour Charles MASSI de retrouver son siège de Député à l’Assemblée nationale.
 
Le peuple n’est pas dupe, contrairement à ce que beaucoup s’imaginent. Dans les milieux bien informés, on sait que seul Charles MASSI pouvait apporter la contradiction lors des conseils des Ministres. Il a protesté à maintes reprises lorsque les choses n’allaient pas dans le bon sens et celui des accords. Cela lui a valu sa sortie du gouvernement.

 Vous savez, chez nous il est plus facile de donner la parole aux conformistes du Pouvoir qu’à ceux qui portent des critiques et proposent autres choses.

 Je crois que le Président de la République et le Président Fondateur du FODEM sont bien placés pour savoir ce qui les oppose.

 Le Dialogue Politique Inclusif a été décrié par les uns, plébiscité par les autres. La majorité a décidé des résolutions qu’il faut respecter. Le Chef de l’Etat est le Garant de la bonne application de ces résolutions.

 Nous avons encore là, une occasion de faire taire nos dissensions et d’aller ensemble vers la réconciliation et la consolidation de notre démocratie, dans la Paix.
 
Arrêté au TCHAD et accusé par le régime DEBY pour destabilisation du régime de BANGUI, Charles MASSI a enfin été libéré après quelques semaines de détention.
Comment pouvez-vous expliquer cette situation
 ?
 
 La déclaration du Ministre Tchadien de l’intérieur résume très bien la situation. J’ajoute que lorsque Charles MASSI a été entendu par le Procureur de DJAMENA, ce dernier avait déclaré qu’il s’agit d’une affaire politique.
 Il nous appartient à nous Centrafricains de réfléchir un peu plus et d’arrêter de tout avaler aussi facilement.
 Ce que je sais parce que je m’informe, c’est que le représentant de la CPJP, Charles MASSI était à DJAMENA pour rencontrer des responsables TCHADIENS dans le but de rechercher des appuis pouvant conduire à une médiation avec le Pouvoir de BANGUI.

 Le TCHAD qui accuserait un Centrafricain au motif qu’il partirait du territoire TCHADIEN pour déstabiliser la CENTRAFRIQUE ?

Sommes-nous devenus des ignorants ? La sagesse voudrait que les responsables politiques répondent aux revendications du peuple par des actes concrets. Et ces actes peuvent passer par une redéfinition complète du paysage politique national. Mais pour cela, toutes les compétences doivent être utilisées dans la mesure du possible.

 Rien n’empêcherait le Gouvernement de signer un accord négocié avec la CPJP, dès lors qu’il a entrepris de le faire avec toutes les parties avec lesquelles il est en belligérance.
Y aurait-il deux poids deux mesures ? Abdoulaye MISKINE et son Mouvement n’a-t-il pas protesté après avoir négocié avec le Pouvoir ? Est-ce pour cette raison que le Gouvernement a refusé de revenir dialoguer et signer un accord avec lui ?
Pourquoi, en ce qui concerne Charles MASSI, il doit en être autrement ?
 
 
Un congrès est-il prévu avant les prochaines élections ?
 Le FODEM a connu un moment trouble, notamment à BANGUI où quelques personnes que j’ai qualifiées d’Aventuriers dans un communiqué, ont voulu profité des difficultés rencontrées par son Président Fondateur pour se rapprocher du Pouvoir en trahissant à grande échelle. Les manœuvres manifestes de quelques hommes zélés du Pouvoir ont conduit par la corruption à une désorganisation des organes du Parti, à commencer par la substitution des véritables cadres du Parti par des Profito-situationnistes, aux ordres.
 Le visage véritable du Parti est celui que je représente, parce que resté fidèle, non pas à un homme mais à la ligne du FODEM et à ses dispositions statutaires. Aujourd’hui, les véritables Combattants du FODEM vivent cachés, dans le silence, par peur de représailles.
Et tout cela se passe dans ce Pays dit d’Etat de droit où l’on peut faire des choix librement et s’exprimer librement.
 Pour répondre à votre question, je dirai que la vocation première d’un Parti Politique, c’est de gouverner et donc d’arriver à conduire la destinée d’une Nation. Et pour y arriver, le passage aux élections est fondamental. C’est aussi l’occasion de mesurer combien le Parti pèse dans le paysage politique national. Même si bien entendu, tout cela peut rester très théorique lorsqu’il s’agit de l’Afrique en général et de notre Pays en particulier..
 C’est un devoir pour nous d’organiser un Congrès qui permettra de valider toutes les options qui seront décidées démocratiquement par le Parti.
 
 Comment comptez-vous organiser ce Parti sans Charles MASSI. Avez-vous des moyens financiers ?
 
Le Parti doit être organisé simplement selon nos statuts et notre règlement intérieur.
Les responsables du Parti passeront, mais les dispositions statutaires demeureront.
Tous les Centrafricains quels qu’ils soient d’où qu’ils soient doivent s’approprier le FODEM, à condition de respecter ses dispositions statutaires et son règlement intérieur.
 En ce qui concerne les moyens financiers dont vous parlez, l’engagement politique chez nous rime souvent avec dépenses financières importantes.

Les statuts du Parti prévoient des cotisations que doivent verser ses membres. En dehors de ces cotisations et de quelques efforts individuels exceptionnels, nous pouvons compter sur des dons de la part de ceux et des institutions qui croient en nous, qui croient à la justesse de nos propositions et à nos capacités à œuvrer valablement pour le changement qualitatif dont nous avons besoin chez nous.

Au FODEM, nous comptons d’abord sur cette richesse énorme que constituent les ressources humaines. Avec la volonté et l’engagement, on peut faire bouger les montagnes.

Les Valeurs constituent notre richesse première aux FODEM. Nous y travaillons depuis.
Contrairement à ceux qui ont exercé le Pouvoir et qui ont détourné l’argent du Peuple, nous, au FODEM, nous n’avons que les moyens du Peuple.
Le FODEM est à l’image du Peuple.
 
 Les élections de 2010, seriez-vous partant ?
 
 2010, c’est demain.
Croyez-vous objectivement qu’on peut organiser les élections demain en sachant ce qui se passe sur le terrain ?
Tous les préalables ne sont pas encore remplis, il me semble. Prenons le temps d’aller à ces élections correctement. Je n’ai rien à vous apprendre quant à la situation sécuritaire sur notre territoire. Comment voulez-vous qu’on organise des élections quand les différents candidats ne peuvent pas circuler librement et s’exprimer librement partout sur le territoire ?
Quand des pans entiers de notre territoire sont abandonnés aux bandits qui y sévissent librement, que tirez-vous comme conclusions ?

Lorsque vous avez des populations qui fuient les villages, leur Pays pour aller chercher refuge dans les Pays voisins, comment voulez-vous organiser des élections dignes de ce nom ? Lorsque l’administration du territoire confond sa mission et œuvre pour la mise en place des organes KNK sur tout le territoire, selon les informations que nous avons, c’est un problème qu’il faut résoudre au préalable.

 Nous avons des exemples en Afrique, notamment en COTE D’IVOIRE. Il nous faut d’abord achever le programme de démobilisation, ensuite sécuriser nos frontières et pourquoi ne pas faire les deux en même temps pour finir avec un programme recensement.

Seulement après, nous pourrons être crédibles lorsque nous déciderons d’aller aux élections. Ce n’est pas parce que nous avons des annonces d’aides pour ces élections qu’il faut y aller coûte que coûte et dans n’importe quelles conditions. Nous devons aller aux élections, ensemble, dans la Paix et la concorde.
Voyez-vous, mon sentiment est tout autre.
Mais cela poserait évidemment un problème constitutionnel. Quel sera le statut du Chef de l’Etat actuel après le terme de son mandat ? Comment le Pays sera-t-il géré et par qui après le terme de son mandat ? Autant de questions sur lesquelles nous ne pourrons nous accorder que si nous nous mettons ensemble autour d’une table pour en parler.
 
Comment le Fodem est-il organisé en France ?
 
En France, il faut savoir que les évènements qui se sont produits à BANGUI concernant le chamboulement au sein du Parti ont entraîné des conséquences au sein de la direction Politique. Et c’est souvent grâce à ce type d’occasions que l’on se rend compte de la sincérité des engagements des uns et des autres.
Nous avons des sections dans les régions du Sud-ouest (BORDEAUX, NÎMES), du Nord-Ouest (LILLE-AMIENS), de PARIS et de la Région Parisienne.
 Nous avons une démarche pragmatique auprès des nôtres.
A Lille par exemple, les jeunes de la communauté ont mis en place une association sportive et jouent au foot ball sous les maillots de Centrafrique avec Bonheur. Moi qui vis à LILLE, j’ai pour habitude de les assister, de les encourager, de participer à tous leurs travaux.
En Juin de cette année, les responsables de l’Association sportive de la Côte d’Ivoire ont organisé la Coupe d’Afrique des Nations à Lille. Pratiquement toutes les communautés Africaines étaient présentes. L’équipe de la communauté Centrafricaine devait donc participer à ce tournoi. Le hic, c’est que toutes les autres communautés allaient être représentées par leurs consuls. Beaucoup avaient fait le déplacement et étaient présents.
La question a été pour les responsables de l’équipe Centrafricaine de voir qui pouvait représenter notre Pays.
Eh bien, par notre exemplarité, notre neutralité, et notre sérieux, nous avons été désigné à l’unanimité par les membres de l’association sportive des centrafricains du Nord Pas de calais (ASCANOP) pour représenter officiellement notre cher Pays. J’ai accepté avec Bonheur cette charge et cela a été pour moi un moment d’immense joie. J’ai parlé de notre Pays à l’occasion des interviews et des échanges qu’il y a eus avec les officiels. Je précise que l’évènement a été parrainé par le Conseil régional du Nord pas de calais.
 Voilà comment nous agissons en France, non pas au nom du Fodem mais au nom de la CENTRAFRIQUE.
 
 Pensez-vous qu’il existe une diaspora en France ?
 Bien sûr qu’il existe une diaspora Centrafricaine en France.
En revanche si vous me demandez comment est-elle organisée, je pourrai vous répondre longuement.
Mais je ne peux m’empêcher de vous en dire un mot tout de même, puisque vous m’en donnez l’occasion ici.
 Dans toutes les régions de France, de braves Centrafricains et Centrafricaines posent des actes concrets et œuvrent pour l’image du Pays. Ils œuvrent également énormément pour le maintien de la Paix sociale et l’économie nationale, puisqu’ils opèrent de nombreux transferts d’argent régulièrement, sans quoi, la tension sociale serait à son paroxysme.
Localement, la diaspora est organisée. Mais entre les régions, les départements, les villes, il y a toujours des passerelles qui permettent aux uns et aux autres de se rapprocher et de jeter ainsi les ponts entre tout le monde pour que la spécificité centrafricaine en termes d’hospitalité, de solidarité puisse s’exprimer.
 En revanche, c’est quand l’idée de la formalisation de la diaspora s’est posée que l’on constate par ci par là quelques frictions. Mais après tout, c’est normal ! Nous sommes ici aussi à l’image du Pays, ce qui est un paradoxe complet.
 Il me semble que c’est le choix non concerté et partisan des représentants de la diaspora par les autorités de Bangui qui est à l’origine de toutes ces complications.
 Personnellement, je n’ai jamais rencontré le Chargé de mission de la Diaspora.
 En revanche, à maintes reprises, des amis étrangers m’ont invité lors des rencontres avec leurs représentants officiels, qui font régulièrement des déplacements dans toutes les régions de France allant à la rencontre de leurs compatriotes.
C’est une situation qui laisse rêveurs tous les Centrafricains que nous sommes et nous nous demandons à quoi servent ces attachés culturels qui ne vont jamais rencontrer les étudiants qui sont pour la plupart en détresse et qui, sans la solidarité inter centrafricaine, seraient repartis à Bangui, baluchons sur le dos.
 Bref, nous sommes dans une phase de prise de conscience et il faut espérer que de cette prise de conscience émergeront une méthode et des applications qui satisferont tout le monde.
Il existe le Rassemblement de la Diaspora Africaine en France. Il serait normal que la Diaspora Centrafricaine s’organise pour être représentée au sein du Rassemblement de la Diaspora Africaine.
 La diaspora a un rôle important à jouer et je crois qu’elle le joue déjà assez bien. Il suffit de demander la publication des chiffres des transferts d’argent par les autorités pour s’en rendre compte. Mais si elle est capable de cela, il faut aussi lui donner l’occasion d’aller plus loin dans des initiatives économiques et sociales diverses. Il faut aussi lui faciliter la vie. Je pense à la difficulté pour nos compatriotes de renouveler leurs passeports périmés.
  
La Lobaye, votre région qui avait voté pour BOZIZE à plus de 90% de voix est en train de lui retirer sa confiance. Pourquoi ce regret ?
 
J’ai été obligé de réagir à la sortie de l’association des ressortissants de la Lobaye.
Cette association a déploré le fait que malgré le soutien massif au candidat BOZIZE à l’époque, aujourd’hui, le Chef de l’Etat qu’il est devenu n’a pas fait assez pour le développement de la Région de la Lobaye.
Je n’imagine pas le développement dans le prisme du régionalisme. Il aurait fallu poser le problème autrement. Mais la véritable question est celle de la représentation locale et de la représentation nationale. Il nous faut  peser pour élire des hommes et des femmes capables de défendre nos intérêts locaux et nationaux.
 Il faut poser le problème en termes de politique générale de développement de nos régions. On a vu les limites de la centralisation et ce ne sont pas les Ministres Résidents qui y ont changé quelque chose. Faut-il aller vers la décentralisation ? C’est une question qui pourrait se poser, à condition de travailler au préalable à avoir un Etat Fort, capable de réguler entre régions pauvres et régions riches.
 
La Lobaye a certainement connu des frustrations mais, d’autres régions connaissent pire.
A OBO, dans le haut Mbomou par exemple, les rebelles de la LRA foutent la pagaille.
Ils enlèvent femmes et enfants, humilient les hommes et qu’a fait le commandement militaire depuis que les premiers incidents ont été portés à la connaissance ce du grand public ?  On sait qu’il faut environ 14 Jours à un détachement militaire avant d’arriver sur les lieux en partant de Bangui. Il aurait fallu implanter des garnisons sur place pour pouvoir sécuriser nos frontières et garantir la sécurité de nos concitoyens locaux. Il nous faut définir une véritable politique de défense et mettre les moyens là où il faut si on veut garantir l’intégrité de notre territoire et sécuriser toutes nos populations.
Je ne peux m’empêcher d’aller un peu plus loin sur cette question.

 Ce n’est pas parce qu’on a voté à plus de 90% pour le Président élu qu’il faut s’imaginer un passe droit. Mais cela ne doit pas épargner  l’Etat de toutes ses responsabilités.
Il y a un travail à faire localement, pas seulement dans la Lobaye, mais dans toutes nos régions.
Vous l’avez dit, je suis de la Lobaye, mais je ne l’ai jamais affirmé publiquement, non pas parce que je n’aime pas ma région, mais simplement parce que lorsqu’on me considère comme étant un Gbaya, un Yakoma, un Mandja, un Banda, j’en suis fier. Pour moi, le plus important, c’est cette centrafricanité que je peux trimbaler avec moi partout où je vais.
  Imaginez-vous si tous les ressortissants de toutes nos régions devaient tenir ce raisonnement ? A contrario, que devrait faire le Chef de l’Etat pour les régions où il n’a pas été choisi ?
 Je comprends la colère de ceux de la Lobaye lorsqu’on sait que le bois rapporte suffisamment et qu’il n’y a pas suffisamment de retombés pour la région, comment ne pas s’interroger ?
Mais ce raisonnement vaudra aussi pour les ressortissants du haut Mbomou par exemple, qui souffrent de l’insécurité alors que l’Uranium de BAKOUMA rapporte suffisamment d’argent pour que l’Etat les protège.
 Nous devons agir ensemble pour la consolidation de notre Patrie. J’en appelle à tous, pour qu’ils s’engagent afin de contribuer à changer les choses, non par le symbolisme arithmétique mais par la qualité.
 Interrogeons-nous sur la question de la représentation nationale et de la capacité de l’Exécutif à offrir une feuille de route Juste et Equilibrée pour toutes nos régions.
 
Cette fois-ci, le Fodem sera dans quel camp : UFVN, KNK ou autres partis ?
 
La convergence KNK fait partie de la majorité présidentielle. L’UFVN a été crée à l’initiative du FODEM. De quel camp parlez-vous ?
Tout se passe apparemment comme s’il existait deux camps politiques principaux en Centrafrique.
Il suffit de voir ce qui se passe au sein de l’UFVN depuis le Dialogue Politique Inclusif, sans remonter loin, pour comprendre que c’est du chacun pour soi ! C’est Monsieur ZIGUELE qui a torpillé Monsieur POUZERE dès le début de ce dialogue en légitimant BOZIZE, contrairement à la position que défendait Monsieur POUZERE.
Un Parti politique ne fait partie d’un camp que dans le cadre d’une alliance, de négociations avec des objectifs clairs et précis. A ce jour, il est prématuré de parler de camp. Le Fodem a appartenu à la majorité présidentielle, pas au KNK.
Le moment venu, en fonction des situations des uns et des autres et surtout en fonction des projets de société, le FODEM tout comme les autres, décidera, s’il est en position de coalition possible, avec quelles entités il devra s’entendre pour aller loin et dans l’intérêt de notre Pays.
 En clair, le FODEM à ce jour n’appartient à aucun camp, il est dans son propre camp.
Tout le paysage politique Centrafricain est à redessiner. Nous devons opérer des mutations pour arriver à des formations politiques capables d’apporter à nos populations des solutions modernes et pragmatiques.
 
 La RCA vient d’atteindre le point d’achèvement des PPTE, une bouffée d’oxygène ?

 Nonobstant la différence d’appréciations, je ne peux qu’être satisfait de cette décision qui constitue en effet une bouffée d’oxygène pour notre Pays, nos populations.
Comment ne pas se satisfaire d’une telle décision ?
Mais la réalité que nous connaissons sur le terrain nous oblige à rester vigilants.
Conscient de la nervosité ambiante dans le camp des caciques du Pouvoir dès lors qu’on essaie de porter des critiques objectifs, le Président BOZIZE devrait s’ouvrir davantage s’il veut donner satisfaction à la population Centrafricaine grâce à cette décision qui constitue une véritable bouffée d’oxygène.
En vérité, ce sont nos dettes qui seront effacées grâce à cette décision. Nous avons donc là une opportunité de bonne gouvernance.
  
Pour finir, qu’est ce que les Centrafricains doivent attendre des Politiciens en général et du Fodem en particulier ?
  
Les Centrafricains doivent commencer par s’approprier les Partis politiques.
On ne peut attendre quelque chose de l’homme Politique que dès lors qu’on croit en lui.

Et on ne peut croire en lui que si on prend le temps de le connaître, de connaître son programme, ce qu’il propose pour son Pays.

Beaucoup arrêtent leur décision concernant tel ou tel autre homme politique simplement parce qu’au Village, le Chef a décidé qu’il faut suivre untel, dans la famille le Père a décidé qu’il faut être pour tel autre.

Nous devons croire au changement par la confiance, la volonté et le travail. Ce changement doit être porté par les hommes politiques.

Le temps change, aux Etats-Unis, c’est un homme de 47 ans qui est devenu Président, il avait osé et le Peuple Américain a cru en lui.

C’est par le changement, y compris de régimes, par le jeu démocratique que nous aurons la chance d’avoir à travailler sous l’impulsion des hommes de valeurs et dont les compétences nous conduiront vers l’épanouissement personnel, politique et économique.

En ce qui concerne le FODEM, vous l’aurez compris, c’est notre vœu de voir le plus grand nombre s’engager résolument pour faire changer les choses.

Nous avons entrepris de transformer notre société par des actes concrets et l’exemplarité.
C’est un vœu, et nous ne désespérons pas de voir le plus grand nombre s’associer à ce combat qui a pour seul objectif le rétablissement de la Paix Véritable, la Fraternité, la Solidarité, la Justice sociale et la Prospérité.

Dans FODEM, il y a Modernité. Nous proposons aux Centrafricains d’entrer dans l’ère de la Modernité, de faire la Politique autrement, de donner toutes leurs places aux institutions. Les représentants de la Nation doivent avoir toute leurs places et sans complaisance dans le processus du développement de notre Pays. Il faut en finir avec des Députés qui sont presque nommés et qui ne jouent pas le jeu de la démocratie. Il faut rappeler que c’est souvent à cause de la complaisance de la représentation nationale que nous basculons dans des dérives et le non respect de nos textes fondamentaux.
Il faut en finir définitivement avec la gestion clanique, tribaliste et clientéliste de nos richesses nationales. La Modernité dont nous parlons devra tenir compte évidemment d’une nouvelle classe d’âges qui devra avoir des responsabilités importantes dans toutes les sphères de décision. Nous travaillerons à la réhabilitation de la Politique de manière à rétablir la confiance entre la population et les hommes politiques ; le renouvellement des méthodes de gestion, de management des hommes, la réorganisation de la fonction publique, la valorisation de nouveaux services créateurs d’emplois et protecteurs de l’environnement, la promotion sociale et professionnelle par le mérite afin de réhabiliter l’école. C’est tout un programme sur lequel nous aurons l’occasion de revenir à l’occasion du projet de société que présenterons à nos compatriotes pour leur permettre de juger de notre vision de l’Avenir.
 

Pour contacter le président du Fodem France: ndombysaturnin@yahoo.fr

Lundi 27 Juillet 2009
Propos recueillis par Chantal Bangui
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