Le Confident : Pourriez-vous Dr, retracer pour nos lecteurs le parcours historique de l’Institut Pasteur de Bangui placé sous votre autorité et expliquer les activités qu’on y mène ?
Dr. MIRDAD KAZANJI: Bien sûr ! Avec beaucoup de plaisir. L’Institut Pasteur de Bangui a été construit et inauguré le 25 février 1961. Donc l’année prochaine l’Institut Pasteur de Bangui va fêter le cinquantième anniversaire. Donc l’Institut était construit suite à la fermeture de celui de Brazzaville et L’Institut Pasteur de Paris a décidé de créer cet Institut à Bangui car la situation géographique et les besoins du pays sont beaucoup plus importants que d’autres Instituts de la région. C’est pourquoi aussi depuis 50 ans nous devons beaucoup notre présence ici à la fois au soutien de la population et au soutien des gouvernements successifs depuis 50 ans; ce que l’Institut Pasteur apprécié énormément. Donc, comme je vous l’avais dit, l’Institut Pasteur de Bangui existe depuis 50 ans et au cours de cette cinquantaine d’années, il a joué un rôle primordial dans la surveillance des maladies infectieuses notamment les problématiques liées aux arbovirus. Il y a énormément de virus qui ont été isolés à l’Institut Pasteur de Bangui. Après l’arrivée du Sida, la première description de la maladie a été faite à Bangui et justement on l’a appelé le ‘’syndrome de Bangui’’.
La description de la pathologie à Bangui de la découverte du VIH à l’époque même a conduit les pas du professeur français, Prix Nobel de Médecine, à Bangui. Il est venu à Bangui pour étudier cette maladie il y a une vingtaine d’années. Et l’Institut Pasteur a participé aussi à la description de la pathologie liée au VIH/SIDA dans les années 1980. Dans les années 1990 l’Institut Pasteur de Bangui a participé beaucoup aux découvertes d’un certain nombre d’arbovirus. L’Institut Pasteur a participé à l’appui à la santé publique
Par la création des centres de référence comme le centre de référence de l’OMS pour la polio, pour la grippe centre de référence de l’OMS pour le rage et les vaccins contre la rougeole et un centre pour la micro bactérie, la tuberculose et un centre de traitement antirabique et un laboratoire d’analyses médicales. Les activités sont variées et vont surtout en appui à la santé publique de la population centrafricaine et en appui au ministère de la santé publique pour la surveillance, les traitements, le suivi des pathologies connues en Afrique Centrale.
Docteur, il court une rumeur selon laquelle vous vous proposez de revoir à la baisse le prix du CD4 et de certaines de vos prestations. Pouvez-vous nous le confirmer ?
Tout à fait. Mais ceci vient du fait que depuis hier nous avons reçu un papier du ministère des finances car depuis 2005 nous payons beaucoup de taxes, d’impôts sur les produits d’importation pour les analyses médicales, pour la recherche. Pour le bien de la population, il était primordial.
Or, en 2002 nous avions signé une convention avec l’Etat pour une exonération d’impôts. Et suite à cette mesure de 2005, nous étions pénalisés et le prix élevé. Et pour compenser un petit peu cela, on doit pouvoir trouver l’équilibre financier de nos produits.
Mais grâce aux efforts conjugués, je dirais des collègues, de son Excellence le président de la République, François Bozizé, du Ministre d’Etat aux Mines, du Premier Ministre et du Directeur de Cabinet de la présidence, qui ont intervenu dans cette affaire pour obtenir pour nous l’exonération de ces impôts. J’ai reçu ce document hier, ce qui nous permet de revoir nos prix à la baisse pour le bien des populations. Je remercie infiniment toutes ces personnalités notamment le Président de la République pour son implication personnelle, ce qui nous permet de diminuer les prix pour toutes les analyses. On va étudier tous les prix. Je vais immédiatement demander à mon service, aux différents services d’intervenir pour étudier la diminution des prix. Par ailleurs, pour remercier le gouvernement de cette action, j’ai immédiatement demande aux services concernés de réduire le coût du CD4. Vous savez, il y a une pénurie d’analyses du CD4 dans le pays, aussi de réduire de moitié (le coût) pour une centaine de personnes qui viendront à l’Institut Pasteur. Il faut une diminution de moitié prix.
Pour d’autres centaines de personnes qui ne peuvent pas payer certains médicaments même à moitié prix, on va donner ça gratuit aux médecins traitants dans les centres de traitements lorsqu’il ya un besoin de se déplacer dans les quartiers pauvres. On va donner ces bons gratuits pour analyser le CD4 pour certaines personnes qui viendront à l’Institut Pasteur et qui vont faire des analyses gratuites pour le CD4.
Voilà comment on peut remercier cette action qui nous touche beaucoup parce que ça soulage à la fois les dépenses et en conséquence soulage l’ensemble de la population.
Auriez-vous des projets d’avenir, Docteur ? Si oui, lesquels ?
Oui bien sûr. Nous avons un grand projet pour l’avenir et je suis content que vous me posiez cette question car nous avons signé avec le ministère de la Santé français une convention un accord pour construire un laboratoire Hi-Tech, laboratoire qu’on appelle P3 et P2, pour la virologie et pour la tuberculose à l’IP de BG. C’est un projet d’1 million d’Euros financé par le ministère de la santé français pour construire ce laboratoire. Ce laboratoire permettra dans l’avenir de renforcer les capacités de surveillance et de diagnostique et des recherches à l’Institut Pasteur de Bangui et pour la région de l’Afrique centrale. C’est un laboratoire unique dans la région qui sera construit. Le mois prochain, on va commencer la construction. Le contrat est signé et le laboratoire sera opérationnel et sera remis à l’Institut Pasteur l’année prochaine qu’on fêtera tous ensemble à la fois le cinquantenaire et à la fois l’inauguration de ce laboratoire Hi-Tech et ultra performant au niveau de l’Afrique Centrale.
Votre mot de la fin
Oui j’ai quelque chose à dire. L’Institut Pasteur de Bangui fait partie d’un ensemble des Instituts dans le monde. Nous avons 32 instituts dans le monde. En Afrique centrale l’Institut Pasteur est présent depuis 50 ans. Il sera là toujours à côté de la population centrafricaine. On fera notre possible pour continuer à aider cette population.
Je remercie le Journal ‘‘Confident’’ pour cette entrevue et je renouvelle mes remerciements au gouvernement qui nous a allégés ce fardeau bien entendu par cette décision.