POURQUOI ABDOU KARIM MECKASSOUA A ETE LIMOGE ?Le brusque limogeage du Ministre d’Etat Adou Karim Meckassoua, en charge de la Communication de la Réconciliation Nationale, de la Culture Démocratique et de la Promotion des Droits de l’Homme a surpris tout le monde, du moins ceux qui ne s’attendaient à un départ dans ces conditions. Finalement, ces détracteurs qui sont nombreux tant à la présidence de la République, au Gouvernement que dans l’entourage immédiat du Chef de l’Etat (sassariens) ont eu raison sur cet homme qui en France n’avait ménagé aucun effort pour que le général François Bozizé accède à la magistrature suprême de l’Etat.
Karin Meckassoua, persona non grata du cercle de Benzambe
Abdou Karim Meckassoua était en effet, le Secrétaire général de la coordination des Patriotes Centrafricains (CPC) dans la diaspora. Jean Paul Ngoupandé, premier ministre du Gouvernement du gouvernement d’Union Nationale, après les mutineries d’avril et mai 1996, avait nommé M. Abdou Karim Meckassoua comme son Directeur de Cabinet. Dans des circonstances nébuleuses, celui-ci avait été kidnappé au Palais de la Renaissance et avait alors subi une véritable ratonnade et des sévisses corporels en règle, dont il garde encore les séquelles.
Ngoupandé remercié dans les conditions que l’on sait maintenant, M. Abdou Karim Meckassoua avait choisi de regagné la France où il ne baissa pas les bras. Très actif dans les milieux français et africains (l’homme a un carnet d’adresses bien chargé), Abdou Karim Meckassoua s’était juré de faire tomber le régime despotique de Patassé, qui n’avait de démocratique que l’apparence. François Bozizé parti de Bangui précipitamment le 02 novembre 2001, ne pouvait avoir meilleur allié que Adbou Karim Meckassoua et la CPC dont il était le Secrétaire général. La coordination des Patriotes Centrafricains (CPC), bien organisée et bien structurée a entrepris de faire le lobbying du général Bozizé auprès des autorités françaises et de certains Chefs d’Etat africains, de procéder à un changement de régime en Centrafrique. La CPC, connaissant parfaitement les rouages de fonctionnement des institutions internationales avait adopté comme stratégie ‘‘le droit d’ingérence humanitaire’’ pour sauver le peuple centrafricain en détresse, otage d’une gestion autocratique. Les efforts conjugués de la coordination des patriotes Centrafricains, de la pression des organisations de l’intérieur et des « Libérateurs » ont fini par porter leurs fruits le 15 mars 2003, quand le peuple centrafricain a poussé un soupir de soulagement. Alors que tout le monde s’attendait à voir Abdou Karim Meckassoua à la primature, le Général Bozizé a préféré en Abel Goumba, une caution morale du nouveau régime. Karim Méckssoua figurait en bonne place dans ce gouvernement car il s’occupait des Affaires Etrangères. Décider de redorer le blason terni de la RCA après une gestion politique chaotique du régime Patassé, Abdou Karim Meckassoua était devenu le pèlerin de la bonne cause pour la RCA. D’une capitale à l’autre, il entreprit d’expliquer les raisons du sursaut patriotique du 15 mars 2003. Mais très vite, il se heurta à certaines incompréhensions propres aux centrafricains, qui ne veulent jamais d’un travailleur. Dans l’entourage du premier ministre Abel Goumba certaines mauvaises langues avancent que Abdou Karim Meckassoua profitent de ces voyages pour discréditer Abel Goumba, le premier ministre de l’époque, en raison de son âge avancé. Pour les proches du Chef de l’Etat, Abdou Karim représenterait un danger car ses multiples tournées dans les pays musulmans pour plaider la cause de la RCA peuvent entraîner en RCA, le fondamentalisme islamique. Abdou Karim Meckassoua perd son poste au prochain remaniement et se trouve ministre d’Etat dans le gouvernement Célestin Leroy Gaoumbalet. Universitaire, le nouveau ministre en charge de l’Education nationale s’est très vite adapté à sa nouvelle situation et provoqué un électrochoc dans l’organisation des examens et concours dont le baccalauréat de l’enseignement du second degré. Les conditions étaient devenues draconiennes et la plus part des « fils à Papa » habitués à se faire gratifier le Bac ont sèchement grincé les dents. Les dispositions pour la transparence des examens du baccalauréat n’ont pas fait des heureux et pourtant la démarche était logique pour revaloriser ce diplôme qui était la risée des autres universités. Ayant fait plus de mécontents malgré le travail abattu, Abdou Karim Meckassoua se voit éjecter de l’Education Nationale. Il se retrouve à la Présidence de la République en qualité de ministre d’Etat Directeur de Cabinet du Chef de l’Etat. Croyant être tranquille à ce poste, Abdou Karim Meckassoua devait faire face aux adversités de certains membres du gouvernement qui pensaient qu’il leur faisait ombrage. Beaucoup disaient ouvertement que leurs notes étaient censurées ou synthétisées avant d’être présentées au Chef de l’Etat. Les relations devenaient difficiles entre le ministre d’Etat, Directeur de cabinet et les membres du gouvernement. Partisan d’un travail méthodique, le Directeur de Cabinet s’était aussi attiré la foudre de la plupart de ses collaborateurs. Au comble d’une crise latente, le Chef de l’Etat avec l’accord du nouveau premier ministre lui confie le portefeuille de ministre de la Communication avec rang de ministre d’Etat. A la Communication, Abdou Karim Meckassoua ressuscita des dossiers en somnolence dont celui de la création de l’Office de Radio-Télévision centrafricaine. Les missions d’étude et de formation ont commencé à se multiplier et se succèdent dans ce département pour relever le niveau de prestations des médias Publics. Récemment lors du décès de M ; Hervé Charles Wenezoui, certaines personnalités avaient été indexées dont M. Abdou Karim Meckassoua. En son absence car il était en France, sa maison familiale était investie. N’eut été la vigilance et la rapidité du déploiement d’une section de la gendarmerie nationale, la maison aurait été mise à sac. Toutes les affaires sordides de dissensions entre l’ancien Directeur de cabinet du Chef de l’Etat et le Secrétaire général de la Présidence. M. Hervé Charles Wenezoui ont été ressorties afin de justifier l’accusation selon laquelle le Ministre d’Etat Meckassoua aurait trempé dans la mort de M ; Wenezoui. Jusqu’à présent, les esprits ne se sont pas encore calmés. En charge de la promotion des Droits de l’Homme le ministre d’Etat Meckassoua devait parrainer le festival des films sur les droits de l’homme qui se déroule en ce moment à Bangui (18 au 22 mai 2007). L’ouverture à l’Assemblée Nationale a été suivie de la projection d’un film sur Thomas Sankara ancien Chef d’Etat Burkinabé, dont l’intégrité a été mise en exergue au cours de cette projection. Le film vivement applaudi par les spectateurs a été diversement apprécié par les membres du gouvernement présents. Mécontents, certains ont quitté la salle dès la projection. D’autres ont tout de même contenu leur colère tout en vociférant leur mécontentement. Nous étions le vendredi 18 mai 2007 et le samedi 19 mai 2007, un Décret présidentiel faisait partir M Abdou Karim Meckassoua du gouvernement. Drôle de méthode car cette décision ressemble à un limogeage pur et sec. Le public abasourdi se demande ce qui s’est passé, et pourtant Abdou Karim Meckassoua était réputé proche du Chef de l’Etat le général François Bozizé. Avec cette décision qui se passe de commentaire, tout porte à croire que le public n’entretenait qu’une illusion. Compagnon de lutte ayant aidé le président Bozizé à nouer des relations qui lui ont permis de se voir ouvrir les portes de Bangui, Abdou Karim Meckassoua aurait pu être limogé autrement. Remercié dans le cadre d’un remaniement global du gouvernement, le Général François Bozizé aurait pu mettre la forme et l’esthétique dans sa décision. Mais la manière de procéder a été vivement critiquée et ressemble fort à une stigmatisation dirigée contre la personne de Abdou Karim Meckassoua qui serait alors devenu un bouc émissaire et un martyr. Lundi 21 Mai 2007
Divine Tékoro
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