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Samedi 11 Février 2012
9:31
CHRONIQUES

POURQUOI NOS DIRIGEANTS NE MAÎTRISENT-ILS PAS L’EXPRESSION ORALE RESPONSABLE?

Parmi tous les Chefs d’Etat que la République Centrafricaine ait connus, François Bozizé est celui qui ne semble pas maîtriser les techniques d’une expression orale responsable à l’occasion de ses différentes déclarations.



De même que le ton est parfois mal réglé, le fonds aussi pose toujours problème surtout quand il s’agit pour lui de se lancer dans une improvisation. L’aptitude à une expression cohérente digne d’un homme d’Etat dont le contenu est plein de sagesse, dépend des prestations de ceux qui ont auprès de lui, la charge de lui enseigner les techniques de l’art. En effet, parler est un art qui a des règles.

Malheureusement, ses spécialistes en communication ne l’aident pas ou ne sont pas écoutés. Les fonctionnaires centrafricains étaient déçus d’entendre sur les ondes de RFI le président François Bozizé répondre à l’une des questions de notre confrère Christophe BOISBOUVIER en marge du denier sommet France-Afrique tenu à Nice en France qu’il avait fini de payer tous les arriérés de son régie et que pour ceux des anciens régimes, les travailleurs du secteur public et même par public devaient très voter le MLPC qui viendra régler ses arriérés de salaires. C’est quand même une déclaration qui n’ignore pas le principe de continuité des services de l’Etat. Si François Bozizé veut s’auto proclamée directeur de campagne du MLPC dont il souhaite ardemment l’accession au pouvoir pour l’alléger de ces lourdes charges, c’est son droit le plus absolu.

Mais ce n’est pas de cette manière qu’il faut procéder en tenant des propos aussi injurieux à l’approche des élections de 2010 surtout que les fonctionnaires et agents de l’Etat couvrent le territoire national et prennent en charge des milliers d’électeurs. C’est pour cela que nous pensons à raison que le Président F. Bozizé souffre d’un déficit de communication. Communiquer c’est gérer un dialogue au sens large, c’est- à -dire le préparer, le prévoir, le structurer en fonction d’un dialogue, le conduire, le faire évoluer, l’apaiser ( il y a des paroles qui guérissent), le conclure. Ainsi, l’exercice de la parole devient un pouvoir pour ceux qui en ont l’expérience (B. Boganda, A. Kolingba) tandis qu’elle devient un lieu d’échecs, de frustration, de récriminations pour ceux qui démunis, naviguent à vue et perdent pied face à un interlocuteur, un auditoire ou un micro. « L’expression orale est l’expérience vivante d’un raisonnement qui s’élabore » disait un éminent universitaire Lionel BELLENGER. Une communication « adulte » ne doit pas être assujettie aux caprices de l’humeur car l’agressivité dans la parole en démocratie n’est pas payante et diminue la personnalité de quelqu’un. C’est pourquoi toute personnalité qui est interrogée par un journaliste doit se maîtriser et dominer ses passions et jouer avec tact dans ses propos à l’exemple du Président Malien ATT ou carrément garder le silence car le silence est d’or.

Un adage dit : « vous pouvez passer pour un imbécile en vous taisant, mais vous pouvez aussi ouvrir la bouche et monter que vous en êtes bien un ». Un homme d’Etat se donne respect, honneur et sa sagesse par sa parole qu’il veut infaillible sur tous les points. Mais notre Général président n’arrive toujours pas à s’inculper ces théories de la communication qui ont déjà fait le malheur de certaines personnalités. L’histoire politique de notre pays est parsemée de ces personnalités qui ont manqué d’expérience dans leurs expressions à certaines occasions : Elles ont été étiquetés avec des sobriquets.

Ces exemples qui illustrent la carence de certains de nos hommes politiques en matière de communication qui ont toujours cru que le centrafricain est un amoindri intellectuel, incapable de se faire une opinion sur les déclarations publiques qu’ils faisaient.

Souvent, leur carrière politique en prend un coup parce qu’ils traînent comme un boulet aux pieds les conséquences de toutes les incartades contenues dans leur parole d’homme politique.

Au lieu de jouer aux sapeurs pompiers lorsqu’une bavure communicationnelle apparaît dans certains propos, les responsables de la communication du président de la République devraient s’atteler d’abord à soigner sa parole. Car à chaque fois que de tels cas se présentent, les sbires se précipitent pour donner une a lecture erronée de la pensée de l’auteur. L’expression orale est l’expression vivante d’un raisonnement qui s’élabore. C’est une pensée personnelle qui a choisi son mode d’expression en quelque sorte.

Quelqu’un d’autre e peut transmettre ou expliquer cette pensée personnelle que l’orateur lui-même. Aussi, les acrobaties verbales a priori ne sont vains mots.

Nous voulons avoir des hommes politiques qui sont des références à l’échelle chose est de se prévaloir de l’idéologie de B. Boganda en claironnant qu’on est sur sa tracée politique, une autre est de se hisser au diapason de cet éminent communicateur qui a su marquer le cœur de ses contemporains pas la parole.




A. Bakiki
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Dimanche 13 Juin 2010

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