En République Centrafricaine, il existe une institution appelée, le Haut Conseil de la Communication. Elle a pour mission de réguler le fonctionnement des médias en Centrafrique.
Selon les lois et règlements de la République, les partis politiques, légalement reconnus, ont accès aux médias publics. Le Haut Conseil de la Communication a le devoir de veiller strictement au respect de ces lois et règlements en vigueur. Le constat des lieux laisse entrevoir une discrimination négative entre les partis politiques de la majorité présidentielle et ceux de l’opposition démocratique.
Or, la démocratie suppose la contradiction; ce qui permet à l’opposition démocratique de contrôler le parti au pouvoir, d’où la naissance d’une opposition objective et constructive.
Il est dommage de suivre à longueur de la journée, dans la matinée et dans la soirée, sur les ondes de la radio Centrafrique une émission impopulaire intitulé « YE SO E LINGBI TI INGA ». Emission dont les auteurs commettent souvent, voire quotidiennement, des dérives qui interpellent le Haut Conseil de la Communication. Des nombreuses plaintes émanant des citoyens lésés et des autorités politiques demeurent sur la table du Haut Conseil de la Communication.
Tout se passe comme si l’accès de l’opposition démocratique, de la société civile aux médias d’Etat est strictement interdit.
Quel type de démocratie pratique-t-on en République Centrafricaine? Qu’adviendra-t-il s’il n’existe pas les médias privés et la presse étrangère qui s’ouvrent de temps en temps à la société civile et à l’opposition démocratique pour maintenir l’équilibre? Il est normal de parler de « Yé so é lingbi ti inga ». Mais il est également intéressant de parler de « Yé so é lingbi ti kè ».
Si les choses sont ainsi, nous pouvons parler d’une démocratie où germe la liberté d’expression dans le strict respect des lois et règlements de la République, rôle incontestable de cette institution de régulation.
Evidement, il y a une nette différence entre une démocratie où il y a existence de libre opinion et celle où il y a le griotisme exagéré. A-t-on besoin de faire le griotisme dans un Etat démocratique?
Le griotisme est indice des Royaumes où l’on chante la grandeur du roi considéré comme le seigneur. Or, la démocratie s’affirme par l’alternance au pouvoir, car seul le peuple détient le pouvoir de l’autonomie de choix de ses gouvernants autour de deux points: d’une part, le programme d’action propose au peuple d’autre part, le bilan de la gestion du pouvoir de l’Etat.
C’est dire que quels que soient l’investissement et les orientations que « les Princes » donnent aux griots dans un Etat qui se dit démocratique n’a pas d’impact sur le peuple qui détient le pouvoir et qui le donne à qui il veut.
Il est temps que le Haut Conseil de la Communication mette un terme aux agissements de ces fossoyeurs de la démocratie avec cette émission impopulaire qui n’apporte rien de positif à la nation si ce ne sont des provocations ou des règlements de comptes.
Pour l’observateur de la vie politique centrafricaine, si le Haut Conseil de la Communication laisse passer cette émission qui, pour des raisons fondées, était suspendue et qui est revenue en force sans aucune raison soutenue, c’est décrédibiliser la radio nationale par le biais des agissements des animateurs de cette émission qui sont des non professionnels dépourvus des notions d’éthique et de la déontologie de la profession du journalisme.
En 2005, le président Bozizé était élu sur un programme basé essentiellement sur la restauration de la sécurité sur toute l’étendue du territoire.
Si aujourd’hui, la situation sécuritaire est déplorable, tant les braquages et les rébellions sont légion à Bangui comme dans l’arrière-pays, il est du devoir de l’opposition de rappeler au président la promesse faite au peuple. Fossoyeurs de démocratie comprenez que le démocratie, est par essence la contradiction. Ce n’est pas parce que quelqu’un ou une frange de la population pense autrement qu’il est forcément contre le régime au pouvoir.
Si de temps en temps l’opposition émet des critiques négatives sur les actions du gouvernement et actes des membres du gouvernement, cela contribue à renforcer la démocratie centrafricaine plutôt que de la détruire. Il est temps de savoir que quand toutes les sensibilités convergent, c’est la mort de la démocratie et le retour à la démocratie.