Le pays subit les affres de ces hommes sans foi ni loi qui ont une culture de la violence qui dépasse tout entendement. Les ‘’Tongo-Tongo’’ ont commencé à se faire parler d’eux en Ouganda avec Alice Lakouena, qui avait fini par trouver refuge au Kenya et y est morte. La relève à la tête de ce mouvement, qui veut régenter le monde a partir du Décalogue (Dix commandements de Dieu) a été prise par un certain Joseph Koni. Les affres de ce rebelles de la LRA ont commencé par les stratégies des ‘‘manches longues’’ et ‘‘manches courtes’’. Ainsi ils s’activaient au départ à couper les bras de leurs victimes, soit au niveau du poignet (manches longues), soit au niveau du coude (manches courtes).
Des négociations: coup d’épée dans l’eau
Le gouvernement ougandais de Museveni a imposé une traque sans merci au mouvement, au point que les rebelles ont d’abord été obligés de choisir le sud du Soudan comme arrière-base. La traque s’étant accentuée, le Chef de la rébellion Joseph Koni a trouvé refuge dans une grande forêt à l’est de la République démocratique du Congo (RDC) qui fait frontière avec le Soudan et l’Ouganda. Des tentatives de nagociations avec le gouvernement ougandais ont été entamées, auxquelles Joseph Koni n’a pas voulu se présenter personnellement. Sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour Pénale internationale (CPI), Joseph Koni se faisait représenter à ces négociations par ses lieutenants. Les négociations semblaient aboutir et un cantonnement des rebelles de la LRA était prévu au Soudan pour un désarmement et une démobilisation. A l’approche de ces opérations de DDR, les combattants de la LRA ont déserté leur camp soudanais et se sont répartis entre la République Démocratique du Congo (RDC) et la République Centrafricaine, semant la panique et la désolation sur leur passage.
Les rebelles multiplient leurs exactions
Les premiers désagréments de la LRA ont commencé en février 2008 par l’attaque de la ville d’Obo et des localités avoisinantes. Pillages, destructions et enlèvements d’hommes, de femmes et d’enfants ont marqué cette première expédition des ‘’Tongo-Tongo’’. Depuis, les affres et les exactions des combattants de l’Armée de résistance du Seigneur se sont multipliées. La préfecture du Haut-Mbomou a été investie et les populations terrorisées quotidiennement. Les répliques des Forces armées centrafricaines (FACA) n’ont pas manqué jusqu’au moment où, après le passage du ministre ougandais de l’Intérieur à Bangui, ont débarqué de contingents ougandais. Les revers des rebelles ougandais se sont multipliés et quelques uns de leurs chefs ont été, soit arrêtés soit tués au cours des affrontement avec les forces régulières centrafricaines et ougandaises. Malgré le défi que voulaient imposer les rebelles de l’Armée de Résistance du Seigneur de Joseph Koni, les autorités centrafricaines ont pu organiser à Obo la Journée Mondiale de l’alimentation et de la femme rurale en différé en décembre 2009.
Changement de stratégie
Mais, depuis le début de l’année 2010, les ‘’Tongo-Tongo’’ semblent avoir changé de stratégie. Concentrés au début dans le Haut Mbomou, les rebelles ougandais procèdent dorénavant par petits groupes mobilies qui opèrent de plus en plus loin de leurs bases. C’est ainsi que, depuis un certain temps, on parle des rebelles de la LRA à Drebissaka, à Rafaï dans le Mbomou et même à Nzako, Bakouma, toujours dans la préfecture de Mbomou. Il y a un peu plus d’une semaine, les rebelles de la LRA ont attaqué la localité de Yalinga, située dans la Haute-Kotto. Ces attaques de plus en plus ciblées et loin du Haut Mbomou ont commencé à donner à réfléchir aux autorités centrafricaines. Les ‘‘Tongo-Tongo’’ ont-ils pu reconstituer leurs troupes? Quelles stratégies ont-ils pu mettre en place pour opérer très loin de leurs bases? De quels moyens logistiques et autres disposent-ils pour une telle mobilité? Les stratèges centrafricains et ceux de l’armée régulière ougandaise qui combattent ces malfrats réfléchissent très sérieusement à la question et sont prêts à déclencher une opération d’envergure pour mettre un terme aux agissements des rebelles ougandais. Les combattants de la LRA ne sont pas dans une logique de guerre classique mais, comme à leurs habitudes au Soudan, en Ouganda et en République Démocratique du Congo, ils imposent aux forces régulières la guérilla, très difficile à combattre. Mais les ‘’Tongo-Tongo’’ ne pourront pas continuer à sévir impunément en République Centrafricaine et lui imposer une guerre dont elle ne connaît pas les tenants et les aboutissants. L’attention des pays frontaliers de la République Centrafricaine et de l’Ouganda a déjà été attirée sur cette sale guerre qui terrorise les populations civiles centrafricaines qui ne peuvent plus vaquer correctement à leurs obligations et qui vivent dorénavant dans la peur, parce qu’elles ne savent plus à qui demain le tour. Les combattants de la LRA ont internationalisé leur rébellion. Seule une solution commune à la sous-région peut faire taire les armes dans les préfectures qui subissent les crapuleries des ‘’Tongo-Tongo’’, car, aux grands maux, les grands remèdes.