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Le Confident

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REMANIEMENT MINISTERIEL : ETERNEL CLUB DES AMIS



C’est la date du 31 janvier 2006 que le Chef de l’État François Bozizé a choisi pour procéder au remaniement ministériel tant attendu par les centrafricains. Les marabouts et féticheurs ont eu le temps de délibérer. La fin des tractations au sein des États-majors des formations politiques a pris fin. Les supputations et les coups bas se sont tus en ce jour pour faire place à la réalité. Attention, les grands mangent.
En effet, depuis la suspension des trois ministres suite au contrôle paiement, l’opinion nationale et internationale attendaient ce remaniement. Mais d’autres évènements ont précipité ce remaniement en vue de donner un souffle nouveau aux actions gouvernementales. La crise née de la grève des fonctionnaires et agents de l’État a pratiquement paralysé l’administration publique et le système scolaire évitant de peu l’année blanche. Cette grève, pourtant considérée comme légitime par le pouvoir en place, a été en outre traité d’actes de sabotage. Ce qui démontre un manque de cohésion au sein du l’équipe gouvernementale qui semble ne pas émettre sur la même longueur d’onde.
La recrudescence de l’insécurité tant à Bangui que dans l’arrière pays, la récession économique avec ses conséquences immédiates, n’a pas permis un versement régulier des salaire, pension et bourse qui sont autant de facteurs qui militent au remaniement du gouvernement. Il convient de souligner l’incapacité de certains membres du gouvernement à traiter les problèmes du pays et mener des réformes souhaitées pour relancer une économie agonisante. Quelques-uns n’inspirent pas confiance aux partenaires en poste dans le pays pour leur manque de sérieux dans le traitement des dossiers et leur incompétence. Les centrafricains n’ont pas compris pourquoi le Chef de l’État François Bozizé a trop attendu pour procéder à ce remue-ménage dans le gouvernement qui ne fait pas l’unanimité de tous.
En effet, quelques ministres ont quitté l’arche gouvernementale, d’autres, par contre, ont fait leur entrée. S’agit-il de ceux qui doivent réellement partir ou de ceux qui doivent rester où mutés dans d’autres département ?. A titre d’illustration, le ministre de l’Éducation Nationale M. Mbaïkoua qui occupe désormais le ministère des Édifices Publics et de Logement, avait, au niveau de son précédent département, considéré comme département à problème, a eu à gérer de situations difficiles dont les résultats sont plus où moins concluants. Par exemple les examens de fin d’année 2004-2005, l’organisation des dernières épreuves de Brevet du Collège, du baccalauréat dont les dérives lui étaient imputées par les mauvaises langues sont autant des problèmes qu’il avait pu gérer. Outre ce département, l’on peut citer le cas des trois ministres sanctionnés suite à l’opération contrôle paiement. Certaines rumeurs font état de ce que le ministre Job Isima devait être reconduit à son poste parce qu’étant un proche du Chef de l’État François Bozize.
Oui, le sort en a décidé ainsi. L’on note trois départs surtout composé des ministres sanctionnés qui devaient en principe démissionner pour sauver l’honneur. Dommage, tel n’en est pas le cas, ils ont été purement et simplement virés par le Général président. Trois arrivants parmi lesquels Armel Doubane à l’Éducation Nationale, Bernard Lalah Bonamna à la Santé Publique et de la Population, Emmanuel Bizot, des Eaux et Forêts et Ambroisine Kpongo ministre délégué aux Affaires Étrangères. La liste est complétée par le retour M. Marboua ministre du Développement, du Tourisme et de l’Artisanat qui n’est pas un néophyte.
La configuration de ce gouvernement n’est pas nouveau pour le public centrafricain qui s’était déjà très familiarisé avec ces faces qui disparaissent et réapparaissent à contre courant sur la scène politique. Un véritable club d’amis où la jeunesse n’est nullement représentée. Il faut toujours faire recours à ces dinosaures qui ont marqué et fait leur temps comme si il n’y a que cette catégorie des personnes qui doivent être responsabilisée. Donner cette chance à la jeunesse, constituerait la recomposition d’une nouvelle classe d’élites centrafricaines. La déception est grande car, les prières des uns et des autres ne sont pas exhaussées. L’on s’étonnerait de voir des piètres figures faire toujours partie de ce gouvernement et pourtant l’opinion nationale et internationale souhaiterait voir des hommes au sang frais, déterminés à insuffler une nouvelle dynamique à la politique centrafricaine.
En tout état de cause, d’aucuns pensent à la recomposition d’une nouvelle équipe des profiteurs et des médiocres qui ont pour seul souci, de renflouer leurs poches. Certes, les fétiches, les messes de minuit ont marché pour certains et échoué pour d’autres. Osons-le dire qu’ils seraient abandonnés par l’esprit de leurs aïeux pour avoir peut-être enfreint à certaines règles traditionnelles.


Jeudi 2 Février 2006
Divine Tékoro
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