SODIF, UNE SOCIETE AU DESSUS DE LA LOI


Rédigé le Vendredi 27 Juillet 2012 à 18:47 | Lu 1889 fois | 0 commentaire(s)


Dans un Etat de droit digne de ce nom, les institutions et les citoyens fonctionnent conformément aux normes préétablies.


SODIF, UNE SOCIETE AU DESSUS DE LA LOI
La transgression des lois et règlements de la République sont réprimés par les structures compétentes. A titre de rappel, la société de détection des importations et exportations frauduleuses (SODIF) a signé un protocole d’accord avec le gouvernement centrafricain le 28 avril 2008. Cette Société Unie personnelle à Responsabilité Limitée (SURL), conformément à l’article 1er du protocole d’accord, pour mission de contrôler la fraude relative à l’ensemble des importations et exportations. Ce même document définit à l’article 6 le domaine de compétence des administrations des douanes et des impôts qui assument les procédures de contrôle, de constatation et de répression. En claire, la SODIF devait s’occuper exclusivement de la détection des importations et exportations frauduleuses. Elle ne devait pas créer des conflits de compétence avec les administrations des douanes et de la justice et les forces de sécurité et de défense pour fermer des entreprises régulièrement créées qui embauchent des centrafricains, paient les taxes et impôts à l’Etat et contribuent à la réduction de la pauvreté.

La SODIF veut le beurre et l’argent du beurre
L’article 8 du protocole d’accord liant la SODIF et le gouvernement centrafricain précise que cette société qui a pour compétence de déceler les importations et exportations frauduleuses bénéficie en contre partie de ses prestations de 33% du montant des pénalités infligées aux fraudeurs. En plus de cet énorme avantage, l’article 13 exonère cette société de toutes taxes durant l’exécution de son mandat. Puisque l’appétit vient en mangeant la SODIF transgresse les dispositions du protocole d’accord définissant sa mission en créant des conflits de compétences avec les administrations des douanes et des impôts pour assouvir ses appétit gargantuesques. En s’érigeant en bourreaux des entreprises installées en République Centrafricaine avec la bénédiction des autorités centrafricaines, M. Armand Innarelli dessert le régime qui lui a offert le fromage dans un plateau d’argent pour des raisons que les contribuables centrafricains et les élus de la nation ignorent.

Les conséquences des agissements de la la SODIF
L’histoire de la République Centrafricaine nous enseigne que les revendications sociales ont toujours accéléré la chute des différents régimes depuis Bokassa jusqu’à Patassé. En effet, depuis la proclamation des résultats des élections législatives et présidentielles de 2011, le Centrafrique connait une crise politique postélectorale qui persiste, un front social en ébullition, une insupportable hausse du coût de la vie, une insécurité grandissante et une justice à deux vitesses etc.…
Ces maux qui ne sont pas exhaustifs ne concourent qu’à démotiver les investisseurs et détériorer les relations de coopération les instituions financières et les partenaires au développement.

Pour mémoire avec l’invention et la vulgarisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication, le monde est devenu un village planétaire. La République Centrafricaine étant une partie intégrante du monde les agissements de la SODIF ne peuvent pas échapper aux partenaires au développement en général et aux activistes des droits de l’Homme en particulier. D’ailleurs, les centrales syndicales ont pour la première fois dans l’histoire de la lutte syndicale en Centrafrique fait cause commune avec les employeurs pour sauver les entreprises qui sont dans le collimateur de la SODIF. C’est un signal fort que le gouvernement doit exploiter.







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