Alors qu’elles ont abordé ce dimanche en toute sérénité, démarrant même leurs activités quotidiennes consistant à offrir leurs services aux populations qui veulent s’approvisionner, très rapidement un incident malheureux viendra perturber, voire compromettre les ambitions des uns et des autres. Un affrontement opposant les éleveurs peulhs aux commerçants arabes en majorité des tchadiens exerçant sur le marché à bétail du PK 13, va basculer le cours de cette journée pascale. De nombreux cas de décès, de blessés et de désolation ont pris la place de la gaieté pour certains et de la souvenance à cette date qui rappelle le calvaire subi par le Fils de Dieu.
Les faits
Dimanche matin, le secrétaire général par intérim de la Fédération Nationale des Eleveurs de Centrafrique (FNEC), Dr. Koumanda et le maire de la commune d’élevage de Yaloké, accompagnés des photographes, débarquent au marché à bétail. Ces deux personnalités ont demandé que des bœufs litigieux, qui seraient la propriété des Oudda (éleveurs peulh) soient photographiés et auraient interdit leur vente, en attendant que l’affaire soit tirée au clair (une plainte aurait été déposée au parquet de Bangui pour vol de bétails par les éleveurs peuhls). Les commerçants arabes, qui ont considéré les paroles du maire comme une insulte, ont violemment pris en partie la délégation. Le secrétaire général a réussi avec ses photographes à prendre la poudre d’escampette afin échapper à la furie des commerçants arabes. Le maire a, quant à lui, eu moins de chance et s’en ait tiré avec des coups et une large ouverture au crâne.
Les éleveurs peuhls, sympathisants du maire, qui se trouvaient proches du lieu des évènements, ont eux aussi été pris à partie par les commerçants arabes tchadiens. Armés de couteaux, machettes et des armes à feux, ils ont envahi le quartier des peulhs. Ces derniers ont décidé de s’organiser en légitime défense pour sauver leurs peaux.
Les éleveurs peuhls, sympathisants du maire, qui se trouvaient proches du lieu des évènements, ont eux aussi été pris à partie par les commerçants arabes tchadiens. Armés de couteaux, machettes et des armes à feux, ils ont envahi le quartier des peulhs. Ces derniers ont décidé de s’organiser en légitime défense pour sauver leurs peaux.
Une bataille rangée
Les commerçants arabes tchadiens avaient leurs longs poignards, des couteaux et des armes à feux. Les éleveurs, de leur côté, avaient des arcs et des flèches empoisonnées pour se défendre. En deux heures de combats, on a dénombré, de sources hospitalières, plus d’une cinquantaine de blessés qui ont été transférés à l’hôpital communautaire et au Centre national hospitalier universitaire de Bangui. La morgue de l’hôpital Communautaire a enregistré quatorze morts. La présidente de la Croix Rouge locale de Bégoua a annoncé que quatre autres corps, dont un enfant, se trouvait encore au PK 13. La famille n’aurait pas voulu qu’on amène leurs parents morts à la morgue. Il a fallu une intervention musclée des forces de sécurité pour arrêter cette barbarie. Une force d’interposition, composée des éléments de la Sécurité présidentielle avec le Lt Olivier Koudemon qui a d’ailleurs fait un travail remarquable, de la Gendarmerie nationale, de la Police Centrafricaine, de la BIT et de la Fomac a été placée entre les belligérants camps qui se regardaient en chien de faïence, prêts à reprendre les hostilités.
Des secours salutaires avec des défaillances
Outre la Croix rouge et la section espagnole de Médecins sans Frontières qui ont fait un travail remarquable, mettant la disposition des volontaires et une ambulance et quelques kits de produits pharmaceutiques pour faciliter la prise en charge des blessés, le gouvernement n’est pas du reste. De sources concordantes, la ministre de la famille et des affaires sociales a mis à la disposition des caisses une modique somme de 300.000 Fcfa pour faciliter les soins. Elle était assistée du ministre de la santé publique et de la population, du ministre délégué à la sécurité publique ainsi que du ministre délégué à l’agriculture et au développement rural. Le Premier ministre, chef du gouvernement, Archange Faustin Touadera, obligé de suspendre sa messe pascale, s’est porté à l’hôpital pour remonter moralement les parents et les blessés ainsi que les populations et les rassurer que tout est mis en œuvre pour le retour de la sécurité.
Toutefois, concernant le secours à porter aux blessés et aux parents, il faut remarquer le faible nombre du personnel soignant, déployé pour palier les cas d’urgence qui se présentaient. Pas assez d’ambulances, si ce n’est que celle de la Croix-Rouge qui faisait les va et vient entre l’hôpital communautaire et le site du marché à bétail de PK13. Le plancher de l’hôpital communautaire jonchait de sang, le mélange avec les sueurs se dégageant du corps du fait de la chaleur rendait l’air irrespirable. On notait également un faible déploiement de filles ou garçons de salle à nettoyer au fur et à mesure le plancher. Un seul était visible ce jour de dimanche et débordé par les évènements. On peut penser qu’à ce jour, les murs et les bancs, voire les autres installations et structures sont toujours imbibés de sang. Il faut dire que la gestion des urgences reste encore le talon d’Achille du système sanitaire en Centrafrique.
Toutefois, concernant le secours à porter aux blessés et aux parents, il faut remarquer le faible nombre du personnel soignant, déployé pour palier les cas d’urgence qui se présentaient. Pas assez d’ambulances, si ce n’est que celle de la Croix-Rouge qui faisait les va et vient entre l’hôpital communautaire et le site du marché à bétail de PK13. Le plancher de l’hôpital communautaire jonchait de sang, le mélange avec les sueurs se dégageant du corps du fait de la chaleur rendait l’air irrespirable. On notait également un faible déploiement de filles ou garçons de salle à nettoyer au fur et à mesure le plancher. Un seul était visible ce jour de dimanche et débordé par les évènements. On peut penser qu’à ce jour, les murs et les bancs, voire les autres installations et structures sont toujours imbibés de sang. Il faut dire que la gestion des urgences reste encore le talon d’Achille du système sanitaire en Centrafrique.
Les raisons du conflit
Mais comment un arrangement d’une affaire de vol de bœufs a pu se transformer en un affrontement entre les éleveurs peulhs et les commerçants arabes tchadiens ?
Selon plusieurs sources, l’affaire couvait depuis longtemps, mais c’est la gestion hasardeuse des événements du PK22 qui a mécontenté les peulhs. En fait, les commerçants arabes, qui se plaignaient du vol de leurs bœufs, se sont constitués en archers et ont sollicité une autorisation auprès des responsables de la sécurité centrafricaine pour aller combattre les bandits à l’origine du vol et libérer leur bétail. Munis de l’autorisation, les archers arabes, armés de flèches et couteaux ont quitté le PK 12 pour aller investir les zones tenues par des coupeurs de routes, voleurs de bétail. Mais au niveau du PK 22, un autre groupe de combattants, que plusieurs témoins ont identifiés comme étant d’anciens soldats tchadiens, s’est joint aux archers. Ceux-ci étaient armés de kalachnikov et de lance roquettes. Pour une personnalité qui a requis l’anonymat, c’était juste un moyen de légaliser leur banditisme et le vol qu’ils allaient opérer contre les éleveurs. Les arabes ont combattu un camp peulh pour les déposséder de leurs bétails. Au retour à Bangui, ils ont célébré en liesse leur victoire au niveau du PK13, cérémonie à laquelle certains responsables de la sécurité ont pris part. des cadeaux en bœufs ont été offerts même à certains de ces responsables.
D’autres sources indiquent que les préparatifs de ce coup remonte à plusieurs mois. Trois associations seraient à l’origine de ces préparatifs : l’Association des Commerçants de Bétail de Centrafrique (ACOBECA), l’Association Centrafricaine des Commerçants de Bétails (ACCB), et l’Association des Commerçants Importateurs et Exportateurs de Bétail (ACIEB). Les responsables de ces différentes associations auraient collecté 50.000 Fcfa sur le troupeau de chaque commerçant pour, disent-ils, combattre les voleurs de bétail. Les fonds collectés leur auraient servi de payer des armes, des munitions, l’alimentation pour accomplir leur projet. Ces mêmes sources ont indiqué que les bœufs litigieux seraient des bœufs qu’ils ont pris dans un campement peulh, après avoir tué les propriétaires.
La responsabilité des autorités centrafricaines
Les bœufs réceptionnés par les autorités ont été remis aux commerçants arabes. Sur quelle base ces commerçants, qui prétendent combattre les bandits sont les propriétaires de ces bœufs ? Il semble que, même au niveau du nombre de bœufs récupérés, contrairement au nombre donné par les commerçants arabes, il y a eu surplus de 64 boeufs. Ce qui constitue déjà un doute à ce niveau. Mais qui leur a délivré cette autorisation qui a mis en difficulté toute une nation, tuant des paisibles citoyens ? Il faut relever que l’affaire de bœufs est assimilée aujourd’hui aux phénomènes des coupeurs de route et de vastes réseaux qui cherchent à s’enrichir en dépossédant certains éleveurs de leur bétail. Il y a également le problème de vol des bœufs par des bandits de toute nature. Le gouvernement impuissant ne parvient pas à gérer convenablement ces différents phénomènes et surtout que les éleveurs sont à majorité des nomades ou des transhumants. Tellement que le gouvernement ne parvient pas à maîtriser le secteur, tous les charognards s’y déversent. Même les hautes autorités militaires et civiles du pays, qui devraient se mettre à l’écart et gérer des éventuels conflits, tombent dans le jeu des différents groupes.
La médiation réussite du Premier ministre
Le Premier ministre, Chef du gouvernement est descendu personnellement sur le terrain. Après l’hôpital communautaire, il est allé à la rencontre des deux adversaires sur le site du conflit. Ce qui lui a permis de s’enquérir des avis des uns et des autres. Les peulhs lui ont fait part de leurs mécontentements en insistant qu’on leur restitue leurs bœufs confisqués par les commerçants arabes pendant le déclenchement des évènements. Ils ont par ailleurs signalé au Premier ministre qu’ils n’ont pas de problème à ce niveau. Seulement, ils ne pouvaient pas retourner dans leur campement au PK 22, craignant les représailles des commerçants arabes dont beaucoup se seraient dirigés vers la zone.
Du côté des commerçants arabes tchadiens, ils ont profité de l’occasion pour exposer une longue liste de revendications beaucoup plus politiques que sociales telles que la nomination d’un des leurs à la tête de la Fédération Nationale des Eleveurs de Centrafrique (Fnec), la remise en cause de la nomination du ministre délégué au Développement rural, qu’ils accusent être du côté des éleveurs peulhs.
Il faut retenir que l’affrontement entre commerçants tchadiens et éleveurs Oudda a fait une vingtaine de décès, peulhs et commerçants confondus. Toutefois, la tension est loin de tomber au niveau du PK13 malgré les déclarations de chaque groupe qui a rassuré le Premier ministre qu’ils sont disposés à reprendre leurs activités dès le lendemain, lundi de Pâque. Un couvre feu a été décrété dans la zone jusqu’à mardi. Toute une population est prise en otage par un groupe de personnes malveillantes. Si les autorités ne doublent pas de vigilance tout peut exploser d’un moment à l’autre.
Selon plusieurs sources, l’affaire couvait depuis longtemps, mais c’est la gestion hasardeuse des événements du PK22 qui a mécontenté les peulhs. En fait, les commerçants arabes, qui se plaignaient du vol de leurs bœufs, se sont constitués en archers et ont sollicité une autorisation auprès des responsables de la sécurité centrafricaine pour aller combattre les bandits à l’origine du vol et libérer leur bétail. Munis de l’autorisation, les archers arabes, armés de flèches et couteaux ont quitté le PK 12 pour aller investir les zones tenues par des coupeurs de routes, voleurs de bétail. Mais au niveau du PK 22, un autre groupe de combattants, que plusieurs témoins ont identifiés comme étant d’anciens soldats tchadiens, s’est joint aux archers. Ceux-ci étaient armés de kalachnikov et de lance roquettes. Pour une personnalité qui a requis l’anonymat, c’était juste un moyen de légaliser leur banditisme et le vol qu’ils allaient opérer contre les éleveurs. Les arabes ont combattu un camp peulh pour les déposséder de leurs bétails. Au retour à Bangui, ils ont célébré en liesse leur victoire au niveau du PK13, cérémonie à laquelle certains responsables de la sécurité ont pris part. des cadeaux en bœufs ont été offerts même à certains de ces responsables.
D’autres sources indiquent que les préparatifs de ce coup remonte à plusieurs mois. Trois associations seraient à l’origine de ces préparatifs : l’Association des Commerçants de Bétail de Centrafrique (ACOBECA), l’Association Centrafricaine des Commerçants de Bétails (ACCB), et l’Association des Commerçants Importateurs et Exportateurs de Bétail (ACIEB). Les responsables de ces différentes associations auraient collecté 50.000 Fcfa sur le troupeau de chaque commerçant pour, disent-ils, combattre les voleurs de bétail. Les fonds collectés leur auraient servi de payer des armes, des munitions, l’alimentation pour accomplir leur projet. Ces mêmes sources ont indiqué que les bœufs litigieux seraient des bœufs qu’ils ont pris dans un campement peulh, après avoir tué les propriétaires.
La responsabilité des autorités centrafricaines
Les bœufs réceptionnés par les autorités ont été remis aux commerçants arabes. Sur quelle base ces commerçants, qui prétendent combattre les bandits sont les propriétaires de ces bœufs ? Il semble que, même au niveau du nombre de bœufs récupérés, contrairement au nombre donné par les commerçants arabes, il y a eu surplus de 64 boeufs. Ce qui constitue déjà un doute à ce niveau. Mais qui leur a délivré cette autorisation qui a mis en difficulté toute une nation, tuant des paisibles citoyens ? Il faut relever que l’affaire de bœufs est assimilée aujourd’hui aux phénomènes des coupeurs de route et de vastes réseaux qui cherchent à s’enrichir en dépossédant certains éleveurs de leur bétail. Il y a également le problème de vol des bœufs par des bandits de toute nature. Le gouvernement impuissant ne parvient pas à gérer convenablement ces différents phénomènes et surtout que les éleveurs sont à majorité des nomades ou des transhumants. Tellement que le gouvernement ne parvient pas à maîtriser le secteur, tous les charognards s’y déversent. Même les hautes autorités militaires et civiles du pays, qui devraient se mettre à l’écart et gérer des éventuels conflits, tombent dans le jeu des différents groupes.
La médiation réussite du Premier ministre
Le Premier ministre, Chef du gouvernement est descendu personnellement sur le terrain. Après l’hôpital communautaire, il est allé à la rencontre des deux adversaires sur le site du conflit. Ce qui lui a permis de s’enquérir des avis des uns et des autres. Les peulhs lui ont fait part de leurs mécontentements en insistant qu’on leur restitue leurs bœufs confisqués par les commerçants arabes pendant le déclenchement des évènements. Ils ont par ailleurs signalé au Premier ministre qu’ils n’ont pas de problème à ce niveau. Seulement, ils ne pouvaient pas retourner dans leur campement au PK 22, craignant les représailles des commerçants arabes dont beaucoup se seraient dirigés vers la zone.
Du côté des commerçants arabes tchadiens, ils ont profité de l’occasion pour exposer une longue liste de revendications beaucoup plus politiques que sociales telles que la nomination d’un des leurs à la tête de la Fédération Nationale des Eleveurs de Centrafrique (Fnec), la remise en cause de la nomination du ministre délégué au Développement rural, qu’ils accusent être du côté des éleveurs peulhs.
Il faut retenir que l’affrontement entre commerçants tchadiens et éleveurs Oudda a fait une vingtaine de décès, peulhs et commerçants confondus. Toutefois, la tension est loin de tomber au niveau du PK13 malgré les déclarations de chaque groupe qui a rassuré le Premier ministre qu’ils sont disposés à reprendre leurs activités dès le lendemain, lundi de Pâque. Un couvre feu a été décrété dans la zone jusqu’à mardi. Toute une population est prise en otage par un groupe de personnes malveillantes. Si les autorités ne doublent pas de vigilance tout peut exploser d’un moment à l’autre.
















