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Le Confident
 

Version web du quotidien privé et indépendant d'information. LE CONFIDENT, Surl - Directeur de Publication: Mathurin Momet - BP 427 Bangui - République Centrafricaine Tél.:+236 75 04 64 14 e-mail: leconfident2000@yahoo.fr

Samedi 11 Février 2012
9:33
CHRONIQUES

UNE NOUVELLE METHODE D’EXTORSION DE FONDS : LES FAIRE-PART ET AUTRES COTISATIONS

A la faveur de la conjoncture qui a altéré considérablement le pouvoir d’achat des centrafricains, chacun développe ses capacités d’ingéniosité pour joindre les deux bouts par des manières assez sordides, justes pour rafler les quelques deniers des plus naïfs.



Les faire-part, les cotisations de tous ordres et les demandes d’assistance sont devenus les meilleures stratégies développées par un spécimen d’individus pour fouiller les poches des autres. Notre société grouille maintenant de ces chasseurs de gains faciles qui sont devenus par leur racolage des imposteurs pour bon nombre de citoyens. Les cérémonies des sacrements religieux, les cérémonies funéraires, les promotions, les mariages. Aucune occasion ne peut échapper à ces raquetteurs qui créent des événements pour assouvir leur ignoble besoin. Un cadre d’un département ministériel qui requiert l’anonymat, s’est dit submerger par un monticule d’enveloppes contenant des faire-part pendant qu’il éprouve d’énormes difficultés pour répondre efficacement aux besoins de sa petite famille. Il a reconnu pour honorer toutes ces demandes, il faudrait sacrifier au minimum deux mois de son salaire ! Et pendant ce temps que deviendra sa famille ? Cette pratique a même une spécifié au niveau de certaines églises qui poussent aujourd’hui comme des champignons dont les pasteurs, les bergers, les apôtres, les évangélistes, les bishops et que sais-je encore rivalisent en stratégies de recouvrement des fonds auprès de leurs ouailles. De telles demandes revêtent un caractère caché d’extorsion de fonds dont les auteurs, véritables saprophytes, en ont pris goût et ne veulent faire aucun effort car les autres le font à leur place. A la maison ou au lieu de travail, on ne peut pas vaquer en toute quiétude à ses occupations car il y aura toujours un imposteur qui viendra vous exhiber au nez une enveloppe ou un papier volant sollicitant une contribution financière.

Reconnaissons tout de même que cette pratique illicite et déshonorante est un faut de société nouveau qu’il faut endiguer de peur que cette spoliation des ressources financières d’autrui ne se cancérise au sein de notre société. De part notre tolérance coupable, nous arriverons un jour à ce que certaines personnes supportent les frais des layettes des autres qui au moment opportun, vont distribuer à tour de bras des faire-part pour réunir les moyens nécessaires à la naissance de leurs enfants. Tenez ! Le mariage qui est un événement auréolé de tout un honneur pour soi et de solennité pour le couple est un mobil de demande d’assistance pour certaines personnes. Aller au mariage nécessite un sacrifice de soi en termes de disponibilité matérielle et financière. Pour y parvenir, il faut se préparer en conséquence pendant une longue période, le temps de réunir toutes les conditions nécessaires à la réussite de cet important événement dans la vie d’une personne. Il faut d’abord compter sur soi et non sur les autres avant d’arrêter la décision d’aller au mariage.

C’est vrai qu’à l’occasion, des cadeaux et des présents peuvent être remis aux jeunes mariés pour leur témoigner de sa sympathie et leur présenter ses vives félicitations. Ce geste n’a aucunement valeur d’assistance ou d’acte de générosité exercé sous pression. Par contre, la contrainte morale que revêtent les demandes écrites de contributions financières demeure une espèce d’emmerdement pour les victimes. Le contribuant ne dispose nullement d’une liberté morale d’action généreuse. Tout compte fait, les faire-part intempestifs dérangent et s’assimilent dans ses conditions aux aumônes réclamées par les indigents qui jonchent les artères de Bangui.

Pour les cas des personnes ou familles éprouvées à l’occasion d’un décès, il y a des raisons suffisantes pour marquer son affection à l’endroit de celles-ci par des appuis moraux ou financiers parce qu’il s’agit d’un événement imprévu pour lequel on ne s’y est préparé contrairement au mariage. Les autres stratégies de collecte de fonds ne sont que fonds de commerce indigne que veulent constituer des paresseux sur le dos des autres.

Les charges de l’organisation des funérailles et celles des orphelins et veuves par exemple sont des situations difficiles qui nécessitent l’attention des âmes bienheureuses. Mais il y a également d’autres racoleurs qui profitent des malheurs des uns au profonde leur bonheur.

Sans scrupules, ceux-ci se munissent des cartes photos du défunt et sillonnent partout avec une corbeille pour collecter des fonds qui ne sont parfois jamais remis aux familles éprouvées. Souvent, l’argent est investi dans l’alcool par ces truands qui se constituent en vautours et sèment du désordre lors des obsèques.

Quant aux incessantes et contraignantes cotisations souvent réclamées par les responsables des confessions religieuses, celles-ci contribuent à faire fuir bon nombre de fidèles qui n’ont pas les moyens pour répondre à toutes ces demandes. Dans la plupart des cas, le gros des cotisations ou autres contributions financières permettent aux dirigeants religieux de s’enrichir au lieu d’assurer l bon fonctionnement de leurs églises. Vous comprendrez pourquoi il y a souvent des batailles rangées, des divisions, des querelles en à plus finir au sein de certaines églises. Ces pasteurs, prophètes, apôtres, ministres de Dieu et que sais-je encore, ne vivent qu’aux dépens de leurs ouailles sans chercher à trouver d’autres sources de revenus. Pourtant, la Bible nous exhorte à travailler pour gagner notre pain quotidien et c’est l’exemple que doit montrer tout responsable religieux. Même le Fils de Dieu a travaillé en aidant son père adoptif Joseph dans les travaux de menuiserie.

Certains prophètes étaient des bergers qui gardaient des troupeaux. Il y avait des apôtres qui étaient des pêcheurs. Toutes ces activités lucratives ne les avaient pas empêchés de se consacrer aux œuvrer de Dieu. Aujourd’hui, on vit une altération de la vision divine du travail humain et la responsabilité religieuse de l’homme. A ce niveau, on fait de l’amalgame. Peut être à dessein pour des causes inavouées.*

En somme, ces pratiques déshonorantes doivent être enrayées de notre société grâce à la prise de conscience de chacun. Rejeter purement et simplement ses sollicitations oiseuses contribuera à contenir l’élan des pratiquants.


A. Bakiki
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Dimanche 13 Juin 2010

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