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Une école de football bientôt en RCA



Le Confident (LC): Depuis quand avez-vous mûri l’idée du projet de la création de cette école de football en Centrafrique ?
Michel Derbaky Tandio (MDT) : Dès mon retour en Centrafrique dans les années 1990, j’étais venu avec l’idée de la création d’écoles de football en République Centrafricaine, puisqu’à une certaine époque avant d’aller en Europe, une structure de ce genre a bel et bien existé. Ce qui a pu donner à notre football une certaine crédibilité, des caractéristiques sur le plan technique étaient de taille à cette époque là. Je suis allé deux fois au stade Boganda, j’ai estimé qu’il manquait des fondamentaux à nos joueurs et l’esprit sportif n’était plus. Ce qui existait à notre époque et il fallait revenir vers les pépinières, former les jeunes afin de redynamiser notre football.

LC: A quand est fixé le démarrage effectif de l’académie de football?
MDT : Le démarrage effectif de l’académie de football de Bangui est prévu pour le 1er Mars 2006. Mais par avant, il est question de mettre en place la structure en commençant par le recrutement des stagiaires. Les 30 stagiaires qui seront recrutés sur une base purement sélective, j’entends par là qu’il faudra identifier des jeunes très talentueux et compléter leurs atouts par notre formation pour les promouvoir sur le marché mondial de football. L’objectif est de faire générer de futurs joueurs professionnels d’ici 5 ans.

LC: Votre fondation a-t-elle pris attache avec des partenaires nécessaires pour faire aboutir le projet?
MDT : Évidemment, quand l’idée de l’école de football a été lancée, il y a une dizaine d’années, le problème de financement s’est posé. J’ai souvent relancé mes compatriotes dans ce sens pour qu’ils puissent se jeter à l’eau en même temps que moi, comprendre d’abord le bien fondé du projet de l’académie. Il a fallu plusieurs années pour que certains se démarquent, ils ont pu prendre contact avec moi, pour me dire qu’il est temps maintenant en 2006, de faire démarrer le projet. Ils aimeraient bien prendre le risque avec moi, j’ai au moins quelques partenaires nationaux que je n’aimerais pas donner le nom ici et on verra les résultats.

LC: Avez-vous l’assurance de l’appui du gouvernement dans la réalisation de ce projet?
MDT : comme tout projet, nous ne pouvons pas nous prévaloir d’une perfection. Le volet de partenariat avec le gouvernement sera de mise. Le gouvernement, après un contact dans l’informel aimerait bien être impliqué. Le gouvernement fera quelque chose également dans le cadre de ce projet qui, ma foi, sera salutaire pour la République Centrafricaine.

LC: Par rapport au coût de formation dans le projet académie football, pensez-vous que toute la jeunesse serait atteinte ?
MDT : vous avez parfaitement raison. A la lecture de ce projet, on a comme impression qu’une certaine catégorie de jeunes, surtout les nationaux, risquent fort bien, compte tenu des revenus de leurs parents, de ne pas en faire partie. Maintenant, si les frais sont élevés ou peu, tout dépendra du niveau des revenus des parents ; c’est que dans un premier temps nous avons estimé recruter des enfants sérieux avec des parents sérieux, sur une base éducative assez sérieuse également. Mais, la réunion qui est prévue avec les bailleurs prend en compte l’aspect des jeunes joueurs centrafricains talentueux mais, ayant des parents qui n’auront pas assez d’argent pour faire inscrire leurs enfants. Dans ce cas, le centre a prévu un pré–financement. Le centre fera le tour de Bangui et de la République Centrafricaine en quête des joueurs, les jeunes surdoués du football qui seront pris en charge par l’académie sous forme d’un préfinancement. Une fois que ces enfants signeront des contrats sur le marché mondial du football, le centre pourra récupérer les dépenses opérées à l’endroit de ces enfants qui n’ont pas eu les moyens de financer au départ. Tout est prévu. Votre inquiétude a été partagée par moi – même et les bailleurs.

LC: Quel espoir l’académie peut nous donner pour la promotion du football ?
MDT : L’espoir que l’académie pourra générer pour le football en Centrafrique, je vous garanti que dans les cinq années à venir, la RCA ne sera plus en reste en matière de joueurs professionnels. Nous allons disséminer un peu partout dans le monde de jeunes footballeurs professionnels centrafricains qui pourront valablement venir défendre les couleurs de leur pays. Ensuite, faire connaître le nom de la République Centrafricaine de part le monde entier parce qu’il n’y a pas que le volet économique pour qu’un pays puisse se faire connaître. Il y a également le football à l’instar du Brésil qui s’est fait connaître par le football et que l’économie n’a fait que suivre, le Cameroun, ce volet qui a été un tout petit peu négligé chez nous. Le football également aide le volet économique à aller de l’avant et faire connaître ce pays de par le monde entier.
Vous arrivez en Thaïlande, s’il y ‘a un joueur professionnel là-bas, vous serrez très bien reçu, on vous prendra en considération. Donc, la RCA gagnera plus que Derbaky d’ailleurs. L’essentiel c’est de prendre des initiatives louables pour le pays. C’est ce que j’essaie de faire. Si mes compatriotes peuvent me comprendre, la porte est ouverte à tout le monde. Qu’ils viennent prendre des actions à l’académie de football de Bangui.

LC: Vous avez installé l’académie de football au niveau de Bangui.
A quand allez-vous étendre vos activités en provinces pour faire profiter aussi les enfants de l’arrière pays.
MDT : Nous avons une programmation qui prend en compte l’ouverture de l’académie de Bangui en premier ressort au cours du 1er semestre 2006. Par la suite, les villes de l’arrière seront couvertes à l’avenir.



Mercredi 30 Novembre 2005
Propos recueillis par Modeste Jérôme Poubalandji
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